Plus optimiste sur l’économie mondiale, l’OCDE alerte sur les divergences entre les États-Unis et la zone euro
Dans ses dernières prévisions économiques, l’OCDE table sur une amélioration de la croissance mondiale, tout en pointant des divergences entre les États-Unis marqués par une reprise et la zone euro qui reste en retrait.
Dans ses prévisions économiques actualisées jeudi (2 mai), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table sur une amélioration de la croissance mondiale, tout en pointant des divergences entre les États-Unis marqués par une reprise et la zone euro qui reste en retrait.
L’OCDE a relevé jeudi sa prévision de croissance mondiale en 2024 à 3,1 % contre 2,9 % lors de ses dernières projections en février, et de 3,2 % l’an prochain (+0,2 point), soutenue en particulier par le dynamisme de la reprise aux États-Unis.
« Un optimisme prudent a commencé à gagner l’économie mondiale », a noté l’organisation dans un rapport trimestriel, qui pointe toutefois du doigt la forte disparité entre les pays. Les États-Unis voient ainsi leur prévision de croissance relevée à 2,6 % en 2024 (contre 2,1 % attendus précédemment), tandis que la prévision pour la zone euro est légèrement rehaussée, à 0,7 % (contre 0,6 % attendus auparavant), soit une progression toujours modérée.
Le Fond monétaire international (FMI) prévoit quant à lui une croissance américaine à 2,7 %.
« Les divergences entre les économies devraient persister à court terme », a ajouté l’OCDE dans son rapport.
Selon l’institution économique basée à Paris, « les États-Unis et un certain nombre de grands marchés émergents continuent d’afficher une forte croissance, contrairement aux économies européennes », confrontées à une activité plus atone.
Les États-Unis ont présenté une insolente bonne santé économique l’an dernier avec 2,5 % de croissance grâce à une solide consommation, même si celle-ci a ralenti plus que prévu au premier trimestre.
La vigueur de l’activité économique est telle que la très attendue baisse des taux d’intérêt de la Banque centrale américaine (Fed) cette année pourrait survenir plus tard que prévu, dans un pays où l’inflation est repartie à la hausse depuis le début de l’année.
Également dynamique, l’Inde devrait afficher 6,6 % de croissance cette année, soit une progression de 0,4 point par rapport aux prévisions de février de l’OCDE, et le Brésil 1,9 %, une prévision en hausse de 0,1 point.
Moteur franco-allemand
En face, la zone euro est enlisée dans une stagnation depuis un an et demi et est tout juste sortie de récession au premier trimestre.
La Banque centrale européenne (BCE) devrait entamer son cycle de baisse de taux d’intérêt en juin, confrontée à une croissance morose qui devrait être selon l’OCDE de 0,7 % cette année contre 0,6 % retenu lors des précédentes prévisions de février, avant de rebondir à 1,5 % en 2025, à la faveur de la reprise de la demande intérieure.
Poids lourd de la région, l’activité économique de Allemagne ne progressera que de 0,2 % cette année, affirme l’OCDE qui tablait encore en février sur 0,3 %. À l’inverse, la France, numéro deux de la zone euro, a vu sa prévision légèrement relevée à 0,7 % contre 0,6 % annoncé en février.
Les divergences entre les deux régions les plus puissantes au monde économiquement s’expliquent surtout par le choc énergétique entrainé par la guerre en Ukraine, les différences de comportements face à l’épargne, et la politique budgétaire, moins expansive en Europe, a souligné dans un entretien à l’AFP l’économiste en chef du FMI Pierre-Olivier Gourinchas fin 2023.
Cette divergence est assez peu fréquente et pourrait mener à un net renforcement du dollar qui évoluait ces dernières semaines à des plus hauts en cinq mois face à l’euro, et à un creusement des écarts de niveaux de vie entre les deux continents.
L’OCDE se veut toutefois optimiste : les divergences économiques vont « s’estomper à mesure que la reprise en Europe s’affermit et que la croissance ralentit aux États-Unis, en Inde et dans plusieurs autres économies émergentes ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]