Pologne : Donald Tusk qualifie l’explosion sur une ligne ferroviaire importante pour l’Ukraine de « sabotage »

Le Premier ministre polonais a confirmé lundi 17 novembre que l’explosion ayant endommagé une ligne ferroviaire essentielle vers l’Ukraine la veille était le résultat d’un « acte de sabotage » délibéré. L’incident s’inscrit dans un climat de vigilance accrue face aux actes hostiles visant le pays.

EURACTIV.com
[Getty Images/Aleksander Kalka_NurPhoto]

Un engin explosif a été utilisé pour détruire une partie de la voie sur la ligne ferroviaire entre Varsovie et Lublin, près du village de Mika. D’autres dégâts ont été constatés plus près de la ville orientale de Lublin. Aucun blessé n’a été signalé et les trains continuent de circuler sur une autre ligne.

« Malheureusement, les pires craintes ont été confirmées. Un acte de sabotage a eu lieu sur la ligne Varsovie-Lublin », a écrit Donald Tusk sur les réseaux sociaux.

L’incident intervient alors que la Pologne fait face depuis plusieurs années à une multiplication de tentatives de sabotage, souvent attribuées à des agents liés à Moscou. En 2023, seize personnes opérant pour le compte de la Russie ont été condamnées pour avoir planifié, entre autres, des attaques contre des trains transportant de l’aide à destination de l’Ukraine.

Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Marcin Bosacki, a souligné dimanche 16 novembre que la ligne visée fait partie d’un « itinéraire très important pour l’approvisionnement de l’Ukraine ».

L’Agence de sécurité intérieure (ABW), les services d’urgence et le parquet mènent l’enquête sur cet incident.

Alors que certains responsables ont immédiatement pointé du doigt la Russie, le vice-ministre de l’Intérieur, Maciej Duszczyk, a appelé à la prudence, affirmant qu’il était erroné de supposer que « chaque incendie criminel, chaque situation de ce type, est provoqué par la Russie ». Il a toutefois reconnu que son implication « ne peut être exclue ».

L’ancien ministre de l’Intérieur et actuel député européen de la Coalition civique (centre-droit) Bartłomiej Sienkiewicz s’est montré plus direct, estimant que l’incident fait partie d’une « nouvelle forme de guerre hybride ». Il a averti qu’« il ne se passe pas un mois » sans que l’UE ne soit victime d’agressions liées à la Russie.

À Bruxelles, Ursula von der Leyen a également réagi à l’incident.

« Les menaces qui pèsent sur notre sécurité sont réelles et croissantes », a-t-elle affirméa-t-elle affirmé sur X. « L’Europe doit renforcer d’urgence ses capacités à protéger son espace aérien et ses infrastructures. »

Cet article a été mis à jour pour ajouter la réaction d’Ursula von der Leyen.