Pour Hollande, la bataille de la croissance ne fait que commencer

Le Président français va devoir convaincre ses homologues européens et internationaux de dépenser plus.

EURACTIV.fr
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Le Président français va devoir convaincre ses homologues européens et internationaux de dépenser plus.

Première apparition sur la scène internationale, premier succès. Le nouveau Président français estime avoir inscrit son cheval de bataille, la croissance, sur l’agenda des leaders mondiaux.

« Le président Obama, sur la croissance, m’a confirmé qu’il y attachait du prix, et que nous avions les mêmes principes (sic) », a-t-il déclaré, à l’issue de sa rencontre avec le président américain à la Maison blanche vendredi 18 mai.  

En Europe, les efforts de M Hollande semblent aussi avoir porté leurs fruits.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, avec lequel François Hollande s’est entretenu par téléphone, mercredi 16 mai, a tenu le même jour un discours proche de celui du Français. 

M. Barroso n’a pas seulement appelé les gouvernements à poursuivre l’assainissement de leurs finances publiques, mais a également insisté sur la nécessité de créer des perspectives de croissance. 

Pacte euro plus

Mais le diable est dans les détails. Puisque M. Barroso a insisté sur la nécessité de miser sur des réformes structurelles, en évoquant le « pacte Euro plus » adopté, en mars 2011, par les 17 pays de la zone euro, et quelques autres pays « volontaires ».

Cet accord vise à faire converger les politiques économiques et à renforcer la compétitivité des économies européennes.

Le texte recommande notamment de reculer l’âge de la retraite et d’établir un lien entre les salaires et la productivité – deux mesures qui ne figurent pas sur l’agenda du nouveau Président socialiste.

–>–>–>–>–>–>–>–>–>–>–>–>–>–>–>Une entente affichée peut dissimuler des divergences de fonds, comme l’illustre aussi le « revirement » de Mario Draghi, chef de la Banque centrale européenne. Celui-ci avait, le 25 avril, conseillé aux États de compléter le pacte budgétaire par un pacte de croissance. Une annonce saluée par François Hollande, encore candidat à l’époque. 

Nouveau défi pour François Hollande

Mais les deux hommes, préoccupés par le même défi, ne pensent pas aux mêmes remèdes. Mario Draghi insiste, lui, sur les réformes structurelles et reste très attaché à l’assainissement des finances publiques des États.

Le débat sur la croissance ne fait donc que commencer. Comme l’a souligné la chancelière allemande Angela Merkel, lors de la conférence de presse avec François Hollande mardi 15 mai, le mot croissance est « une notion très large ». 

Le soutien récent du Président américain d’une relance keynésienne n’est guère surprenant et ambigu. Or, s’il est vrai que les États-Unis n’hésitent pas à dépenser des milliards de dollar pour stimuler l’activité économique, le revers de la médaille est suspendu comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête : fin 2011, la dette américaine a dépassé les 100% du PIB.