Pour l’Allemagne, la sortie de la Grèce de la zone euro n’est plus exclue
De plus en plus d’homme politiques allemands envisagent l’impensable : la sortie de la zone euro de la Grèce. L’opposition de gauche déplore le manque de solidarité du gouvernement jugé coresponsable.
De plus en plus d’homme politiques allemands envisagent l’impensable : la sortie de la zone euro de la Grèce. L’opposition de gauche déplore le manque de solidarité du gouvernement jugé coresponsable.
De plus en plus de responsables politiques allemands parlent ouvertement d’une possible sortie de la Grèce de la zone euro, depuis les élections dans le pays dimanche 6 mai.
« Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro. Mais elle doit le vouloir aussi et tenir ses engagements. Nous ne pouvons forcer personne. L’Europe ne sombrera pas dans le chaos aussi rapidement », a déclaré le ministre des Finances Wolfgang Schäuble (CDU), dans une interview publiée dans le quotidien Rheinische Post, vendredi 11 mai.
Interrogé sur les possibles effets d’un abandon de la monnaie commune en Grèce, le ministre s’est montré peu inquiet.
Risque de contagion
« Il ne fait aucun sens de spéculer ici. Nous avons beaucoup appris des deux dernières années et instauré des mécanismes de protection. Le risque de contagion à d’autres pays de la zone euro a diminué et la zone euro dans son ensemble est devenue plus robuste », a affirmé M Schäuble.
« Il est faux de s’imaginer que nous ne serions pas capable de réagir, à court terme, à un imprévu », a poursuivi le ministre dans l’interview.
Le ministre proche de la chancelière Angela Merkel n’est pas le seul à envisager ce qui a longtemps été considéré comme impensable.
Nous n’avons plus peur
Le député Otto Fricke en charge des finances publiques pour le FDP (parti libéral au sein de la coalition de gouvernement d’Angela Merkel) a ainsi déclaré, jeudi 10 mai, qu’un « défaut désordonné de la Grèce ne fait plus peur à personne, car les États de la zone euro n’ont rien fait d’autre ces derniers mois que prendre des précautions pour une telle éventualité ».
« Si elle croit (la population grecque, ndlr) qu’il y aura une sortie simple de la crise de la dette, comme le font croire certains hommes politiques radicaux, il s’agit d’un jugement fallacieux », a déclaré M. Fricke au quotidien « Saarbrücker Zeitung ».
Suspendre les aides
Le ministre des Finances bavarois Markus Söder (CSU) a appelé à suspendre immédiatement toutes les aides à la Grèce, au cas où le pays ne mettait pas en œuvre les réformes exigées par les bailleurs de fonds internationaux.
« Nous voulons un euro fort, stable », a déclaré M Söder jeudi 10 mai. C’est pourquoi la zone euro « ne devrait pas traîner un patient difficile », a-t-il expliqué.
Merkel coresponsable
Le dirigeant de l’opposition sociale-démocrate Sigmar Gabriel a accusé la chancelière Angela Merkel d’être coresponsable du sort de la Grèce.
« Madame Merkel et Monsieur Sarkozy sont allés dans la mauvaise direction jusqu’à présent », a déclaré celui qui a soutenu François Hollande pendant sa campagne, jeudi 10 mai à l’hebdomadaire « Die Zeit ».
« Celui qui refuse la solidarité aux Grecs maintenant, risque de faire glisser le pays dans des structures autoritaires que nous croyions dépassées depuis longtemps », a-t-il déclaré, en visant le gouvernement d’Angela Merkel.