Pour l’OCDE, l’Europe doit se doter de "la mère de tous les pare-feux"

En réclamant un fonds de sauvetage européen doté d’au moins 1000 milliards d’euros, l’organisation du château de la Muette conforte la Commission européenne, contre la volonté de l’Allemagne.

EURACTIV.fr
de2f15d6844af928e7d57f567bd14b35.jpg
de2f15d6844af928e7d57f567bd14b35.jpg

En réclamant un fonds de sauvetage européen doté d’au moins 1000 milliards d’euros, l’organisation du château de la Muette conforte la Commission européenne, contre la volonté de l’Allemagne.

« La mère de tous les pare-feux devrait être mise en place, assez puissante et globale pour qu’il ne soit jamais nécessaire d’y recourir », a déclaré Angel Gurría lors de la présentation de deux rapports sur l’économie de la zone euro et de l’Union européenne, mardi 27 février à Bruxelles.

Le secrétaire général de l’OCDE a lancé cet appel en présence du Commissaire européen aux affaires économiques Olli Rehn, qui a toutefois refusé de commenter le chiffre mis en avant par l’OCDE en raison des négociations en cours. Une prudence d’affichage puisque la Commission européenne soutient le cumul des capacités totales du Fonds européen de stabilité financière avec celles du mécanisme européen de stabilité (MES), ce qui porterait le bouclier anti-crise à 940 milliards d’euros.

Eurogroupe

En effet, les ministres des finances des pays membres de la zone euro se pencheront sur la question des dotations financières du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du Mécanisme européen de stabilité (MES) lors d’une réunion informelle à la fin de la semaine. Pour l’heure actuelle, le FESF peut encore prêter aux États membres en difficulté à hauteur de 240 milliards d’euros. Le mécanisme de sauvetage permanent MES disposera, à la fin de sa mise en place, de 500 milliards d’euros.

L’idée de l’OCDE, en soi, n’est pas nouvelle. Certains États membres, la Commission européenne et la chef du Fonds monétaire international Christine Lagarde demandent, depuis quelques mois déjà,  d’augmenter les capacités de prêts des fonds de sauvetage. Ils considèrent qu’à l’avenir, la force leur frappe ne suffira pas pour venir en aide à tous États susceptibles d’avoir des difficultés à lever des fonds sur les marchés financiers.

>>> lire « Merkel et Lagarde s’opposent sur le renflouement du fonds de sauvetage« 

Risque

Cette prise de position, formulée trois jours avant la réunion des ministres des finances européens, ne manquera pas de froisser Berlin.

A la veille de la déclaration du secrétaire générale de l’OCDE à Bruxelles, la chancelière allemande s’est dit prête à faire fonctionner les deux mécanismes de sauvetage FESF et MES en parallèle pour lever une capacité de prêts d’environ 700 milliards d’euros. Jusqu’à présent, les dirigeants allemands, qui font face à un électorat hostile à toute dépense supplémentaire en faveur des pays en crise, s’y étaient opposés. L’annonce d’Angela Merkel a ainsi été perçue comme concession faite à ses partenaires européens.

>>> lire « La difficile montée en puissance du fonds de secours européen« 

Ligne rouge

Dans ce contexte politique sensible, la plaidoirie pour la naissance de « la mère de tous les pare-feux », qui nécessiterait d’ajouter au moins 300 milliards d’euros à la somme désormais acceptable pour l’Allemagne, va être difficile à faire passer. Le gouvernement allemand vient de franchir ce qui constitue, pour beaucoup de députés Outre-Rhin et la majorité des allemands, une ligne rouge.