Pour l'opposition hongroise, le portefeuille de la Santé accordé à Olivér Várhelyi est « humiliant » pour Orban

Ursula von der Leyen, a nommé Oliver Várhelyi au poste de commissaire à la Santé et au Bien-être animal mardi 17 septembre, un poste qui trahit la marginalisation de la Hongrie en Europe, estime l'opposition à Budapest.

EURACTIV.com avec telex
European Parliament plenary session in Strasbourg
Alors qu’Ursula von der Leyen présentait sa liste pour la nouvelle Commission européenne, elle a annoncé que le commissaire à l’Élargissement de son précédent mandat, le Hongrois Olivér Várhelyi, prendrait désormais en charge le portefeuille de la santé et du bien-être des animaux. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Ursula von der Leyen, a nommé Oliver Várhelyi au poste de commissaire à la Santé et au Bien-être animal mardi 17 septembre, un poste qui trahit la marginalisation de la Hongrie en Europe, estime l’opposition à Budapest.

Commissaire à l’élargissement lors du précédent mandat de la Commission européenne, le Hongrois Olivér Várhelyi a cette fois-ci été nommé à la tête du portefeuille de la Santé et du Bien-être des animaux. L’annonce a été accueillie par des rires étouffés dans la salle de presse, a rapporté Telex, un partenaire d’Euractiv.

Le secteur de la santé reste en grande partie de la compétence des États de l’Union, ce qui en fait un portefeuille relativement « faible », malgré les mesures lancées par la Commission durant la pandémie de Covid-19.

Si la nomination d’Olivér Várhelyi est confirmée par les auditions qui vont se tenir devant la Parlement, le Hongrois sera chargé de construire une « Union européenne de la santé » et de poursuivre les travaux de la Commission sur le cancer et les soins de santé préventifs, a indiqué Ursula von der Leyen.

En Hongrie, l’opposition a profité de l’annonce pour s’en prendre au Premier ministre et à son mouvement le Fidesz. « Voilà où [Viktor] Orbán et son parti ont mené la Hongrie. Zéro influence, un sujet de moquerie », a posté sur Facebook Csaba Molnár, eurodéputé du parti d’opposition de la Coalition démocratique (KD, Socialistes et Démocrates européens/S&D).

« Le commissaire hongrois va se voir confier le poste le moins important [de la Commission]. Un tel poste n’existait même pas auparavant, il a été créé spécifiquement dans le but d’humilier [Viktor] Orbán », a-t-il ajouté.

L’envoyé du Premier ministre hongrois à Bruxelles sera un « subordonné du commissaire roumain », a ajouté Csaba Molnár, qualifiant cette nomination d’« indication de la place de [Viktor] Orbán en Europe ».

Le gouvernement hongrois a au contraire salué le travail d’Olivér Várhelyi.

C’est grâce au « succès de [Olivér] Várhelyi que ce portefeuille [de l’élargissement] est l’un des plus populaires aujourd’hui. Le fait que le domaine qu’il a supervisé soit pris en charge par trois commissaires dans la nouvelle Commission est une indication de son éthique de travail », a écrit le ministre hongrois des Affaires européennes, János Bóka, sur Facebook.

Un commissaire controversé

Lors de la précédente Commission, Olivér Várhelyi était en charge du portefeuille très convoité de l’Élargissement et du Voisinage, devenu d’autant plus important avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et avec la candidature de KIev à l’UE.

Durant son mandat, Olivér Várhelyi a cependant été mêlé à toute une série de scandales.

Bien que les traités de l’UE lui imposent de rester neutre, des rapports expliquaient en 2023 qu’il essayait de pousser certains pays candidats à l’UE vers l’adhésion, tout en en ralentissant d’autres, conformément aux vues du gouvernement hongrois, un soupçon que Viktor Orbán a renforcé par ses propres déclarations.

Après l’attentat perpétré par le Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, la Commission avait été obliger de réfuter ses déclarations selon lesquelles l’UE allait suspendre son aide à la Palestine.

Olivér Várhelyi a également eu des démêlés avec le Parlement européen.

En janvier 2023, le Parlement européen a demandé une enquête sur les « efforts délibérés de [Olivér] Várhelyi pour contourner et saper l’importance centrale des réformes démocratiques et de l’État de droit dans les pays sur le voie de l’adhésion à l’UE ».

« Disons simplement qu’il n’était pas le plus compétent des commissaires et qu’il n’a pas toujours respecté le Parlement européen », souligne Bas Eickhout, co-président des Verts.

L’année dernière, Olivér Várhelyi s’était attiré les foudres du Parlement pour avoir qualifié les eurodéputés d’« idiots », alors qu’il pensait que son micro était coupé — un incident qui reviendra inévitablement le hanter lors de ses auditions.