Pourquoi les Belges peinent à décrocher du travail pendant leurs vacances

En vacances, beaucoup de Belges n’arrivent pas à couper les ponts avec le bureau. Plus d’un sur trois consulte ses e-mails ou décroche son téléphone professionnel en congé. Une nouvelle étude montre que ce comportement n’est pas forcément négatif, mais qu’il existe une limite à ne pas franchir.

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Les responsables politiques européens ne sont pas les seuls à écourter leur période de repos pour gérer des dossiers. En effet, selon une enquête réalisée auprès de 2 000 Belges sur leurs habitudes pendant les vacances, il ressort que plus d’un répondant sur trois (37 %) troque ses lectures de loisirs contre des contenus liés au travail afin d’assurer le suivi des dossiers.

« Les jeunes ont particulièrement du mal à se déconnecter », explique Anja Van den Broeck, professeure à l’Université catholique de Leuven (KU Leuven) qui a supervisé l’enquête.

Environ la moitié des personnes interrogées âgées de moins de 35 ans déclare penser à leur travail pendant leurs vacances, et presque autant (44 %) déclare consulter leurs e-mails ou répondre à des appels professionnels.

Chez les plus de 55 ans, la tendance est bien moins marquée, puisqu’environ un tiers admettent penser à leur travail pendant leurs vacances, et seulement 27 % continuent à travailler réellement.

À première vue, ne pas décrocher de son travail pendant les vacances semble stressant, mais cela peut en réalité aider certains à se détendre, insiste Anja Van den Broeck. « Le simple fait de jeter un œil à leur travail de temps en temps leur donne le sentiment de savoir ce qui les attend à leur retour. »

Les données de l’enquête montrent que ce comportement va souvent de pair avec une plus grande satisfaction professionnelle. Il est devenu normal pour les employés de s’occuper de leurs affaires personnelles pendant leurs heures de travail et vice versa, poursuit-elle.

Parallèlement, la moitié des employés interrogés indiquent n’avoir aucun remplaçant au travail, selon l’étude. « Bien sûr, c’est très stressant de devoir être joignable à tout moment pendant son temps libre parce qu’il n’y a personne pour prendre le relais », confie-t-elle à Euractiv.

Mais penser au travail — ou travailler un peu — n’empêche pas nécessairement de se reposer et de se détendre, car la qualité des vacances dépend de nombreux facteurs.

« Se ressourcer ne signifie pas nécessairement ne rien faire pendant des semaines. Pour se détacher du travail et de la vie quotidienne, il est utile de faire quelque chose d’excitant, comme apprendre une nouvelle compétence ou visiter un nouvel endroit », souligne Anja Van den Broeck, ajoutant que quelques jours de congé suffisent parfois pour se ressourcer.

En revanche, il y a lieu de s’inquiéter lorsque le besoin de travailler persiste sans raison objective (charge de travail, incident…), a averti l’experte en motivation au travail.

« Si une voix intérieure, une compulsion, vous pousse à travailler, vous êtes peut-être un bourreau de travail et devriez envisager de consulter un médecin ou de développer d’autres centres d’intérêt en dehors du travail », note la chercheuse.

(asg)