Premier homme politique grec arrêté pour corruption
Un ancien ministre grec a été arrêté aujourd'hui (11 mars) suites à des accusations de blanchiment d'argent. Il s'agit d'une affaire très médiatisée dans ce pays rongé par la dette.
Un ancien ministre grec a été arrêté aujourd'hui (11 mars) suites à des accusations de blanchiment d'argent. Il s'agit d'une affaire très médiatisée dans ce pays rongé par la dette.
Les chaînes de télévision ont montré des officiers de police en civil appréhender Akis Tsohatzopoulos dans sa luxueuse demeure néo-classique aux pieds de l'Acropole d'Athènes. C'est justement l'achat de cette résidence qui a déclenché l'enquête.
Les autorités grecques se montrent beaucoup plus sévères avec les fraudeurs ces derniers temps, dans le but d'obtenir le soutien de la population alors que de douloureuses mesures d'austérité ont été prises dans le cadre de l'accord de renflouement conclu avec l'UE et le FMI.
Toutefois, l'homme de 72 ans qui était ministre en 2004, est le seul homme politique à avoir été arrêté jusqu'à présent. Il continue de nier les accusations qui pèsent contre lui.
Bien que la corruption et le copinage soient un problème endémique en Grèce, aucun politicien n'avait été arrêté ou condamné ces dernières années, ce qui alimentait la frustration de la population face aux grands partis en amont des élections du 6 mai prochain.
M. Tsohatzopoulos, un ancien ministre de la défense qui a eu la charge de plusieurs portefeuilles depuis les années 1980, fait l'objet d'accusations qui portent sur des accords liés à ses propriétés et à une éventuelle fraude fiscale, a déclaré un membre du tribunal, sous le couvert de l'anonymat. S'il est déclaré coupable, il risque une peine de prison pouvant aller jusqu'à 25 ans.
« Un mandat d'arrêt a été délivré suite à l'enquête préliminaire », a affirmé un fonctionnaire interrogé par Reuters.
M. Tsohatzopoulos a failli devenir premier ministre en 1996, mais il est passé à côté du poste suite à un vote interne au parti pour déterminer qui dirigerait le parti socialiste PASOK au pouvoir à l'époque.
Depuis qu'il a quitté la scène politique en 2009, il a à plusieurs reprises nié son implication dans différentes affaires, y compris l'utilisation d'entreprises offshores pour acheter sa propriété à Athènes et la vente de sous-marins allemands à la Grèce.
En 2011, le PASOK a renvoyé M. Tsohatzopoulos après que des législateurs ont demandé qu'il soit inculpé suite au contrat public sur les sous-marins avec l'entreprise allemande Ferrostaal.
Des sources citées dans la presse grecque affirment que le tribunal a relevé des paiements en liquide versés par Ferrostaal à M. Tsohatzopoulos, ministre de la défense à l'époque. Ces paiements auraient servi à s'assurer que l'entreprise remporte un contrat pour l'achat de quatre sous-marins en 2000. La somme qu'il aurait perçue est estimée à 8 millions d'euros, déposés sur un compte suisse.
M. Tsohatzopoulos est accusé d'avoir utilisé cet argent pour acheter plusieurs maisons dans des quartiers huppés d'Athènes, dont sa résidence principale située aux pieds de l'Acropole.