Première force d'opposition, la coalition de gauche progresse

Lors du second tour des élections législatives dimanche (19 juin), la gauche unie s’établit comme première force politique d’opposition à Emmanuel Macron, malgré un résultat en deçà des attentes.

/ Euractiv France
La question qui demeure entière est celle de l’avenir de la NUPES : même s’ils ont concouru ensemble lors de ces élections législatives, les différents partis avaient indiqué dès la signature de l'accord de coalition qu’ils formeraient des groupes distincts à l’Assemblée nationale. [EPA-EFE/YOAN VALAT]

Lors du second tour des élections législatives dimanche (19 juin), la gauche unie s’établit comme première force politique d’opposition à Emmanuel Macron, malgré un résultat en deçà des attentes.

Avec plus de 150 députés et 31 % des voix, la coalition menée par le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (NUPES) progresse fortement par rapport à l’élection de 2017.

A l’époque, 58 députés avaient été élus sous les couleurs des différents partis de gauche, qui se présentaient séparément. Pris isolément, ce sont surtout les écologistes et les Insoumis qui progressent en 2022.

Comme l’a indiqué Mathieu Gallard, directeur de recherches chez Ipsos France, à EURACTIV, des reports de voix « très mauvais » par rapport à ce qui pouvait être attendu, notamment lorsqu’un candidat de la NUPES affronte un candidat du Rassemblement national, ont livré un « résultat assez décevant par rapport aux espoirs insufflés par M. Mélenchon pendant la campagne ».

Les scores « sont meilleurs dans les zones urbaines lorsque la gauche fait face à Ensemble ! », la coalition d’Emmanuel Macron.

En effet, la coalition de gauche obtient des bons résultats dans les villes et la banlieue parisienne en particulier : l’intégralité des circonscriptions de Seine-Saint-Denis, au Nord de Paris, sont détenues par l’alliance de gauche.

Aussi, « là où il y avait des duels entre Ensemble ! et la NUPES, les reports de la droite étaient plus favorables à Ensemble ! ».

Parmi les satisfactions de l’alliance de la gauche, l’élimination des poids lourds du parti d’Emmanuel Macron : le président de l’Assemblée nationale sortant Richard Ferrand, le président du groupe LREM à l’Assemblée sortant Christophe Castaner, mais aussi la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin ont été battus par la gauche alors qu’ils avaient plutôt bien performé en 2017.

En revanche, alors que ses leaders avaient appelé explicitement la jeunesse à se rendre aux urnes dimanche, la NUPES n’est pas parvenue à mobiliser cet électorat qui lui est pourtant favorable : près de 70 % des 18-34 ans se sont abstenus.

La question qui demeure entière est celle de l’avenir de la NUPES : même s’ils ont concouru ensemble lors de ces élections législatives, les différents partis avaient indiqué dès la signature de l’accord de coalition qu’ils formeraient des groupes distincts à l’Assemblée nationale.

Leurs positionnements divergents sur un certain nombre de sujets – comme la police, l’Europe, le nucléaire, l’appartenance à l’OTAN ou encore la laïcité – pourraient empêcher l’alliance de se poursuivre au-delà de cette élection.

Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ayant besoin d’une majorité, ils pourraient essayer de débaucher quelques députés de gauche, même s’il est peu vraisemblable que ces derniers acceptent une telle offre.

Au contraire, cette opposition pourrait mener la vie dure au gouvernement, étant donné qu’elle peut désormais déposer une motion de censure dans le but de le renverser, et qu’elle pourrait obtenir la présidence de la Commission des finances – qui revient de droit à l’opposition, même s’il n’est pas clair à quel parti elle sera attribuée.