Présidence de l’UE : les Danois mettront l’accent sur l’environnement
Les ministres danois de l’environnement et de l’énergie se sont engagés hier (19 décembre) à faire de la durabilité et de l’efficacité des ressources des priorités lorsqu'ils présideront l'Union, malgré les pressions à travers l’Europe pour se concentrer sur des mesures à court terme contre la crise.
Les ministres danois de l’environnement et de l’énergie se sont engagés hier (19 décembre) à faire de la durabilité et de l’efficacité des ressources des priorités lorsqu'ils présideront l'Union, malgré les pressions à travers l’Europe pour se concentrer sur des mesures à court terme contre la crise.
La ministre danoise de l'environnement, Ida Auken, souhaite rendre l'efficacité énergétique juridiquement contraignante, écartant les inquiétudes de voir la crise de la zone euro et la faiblesse des économies occuper le centre des débats politiques de l'UE dans les mois à venir.
« Il ne suffit pas de se concentrer sur la crise financière aujourd'hui, et de négliger une autre crise toute aussi importante : la crise environnementale », a-t-elle déclaré lors d'une réunion douze jours avant le début de la présidence européenne du pays. « Nous sommes libres de garder l'environnement au programme malgré les temps difficiles sur le front économique. »
Selon Mme Auken, l'efficacité des ressources offre des opportunités économiques.
« Les entreprises qui peuvent avoir plus pour moins cher et qui peuvent réduire leur consommation d'énergie et de matières premières seront les plus compétitives d'ici quelques années », a-t-elle déclaré en qualifiant la productivité de « pierre angulaire » de la politique européenne.
Des défis à relever
Le Danemark remplacera la Pologne à la présidence de l'UE à partir du 1er janvier, dans une Europe submergée par ses problèmes de dette souveraine et qui montre des signes de faiblesse économique.
Le calendrier danois devra sans doute affronter l'opposition de certains acteurs qui ne souhaitent pas de critères contraignants, alors que la compétitivité et la croissance sont au cœur des préoccupations.
Comme EURACTIV l'a précédemment souligné, ce sont les coûts de ces mesures qui seraient contraignantes et non volontaires, dans le cadre du projet européen de réduction de la dépendance aux carburants fossiles, qui posent problème.
Martin Lidegaard, le ministre danois du climat et de l'énergie, a déclaré que l'énergie renouvelable et l'efficacité énergétique ne porteraient pas préjudice à l'économie, mais la soutiendraient au contraire.
Sans pour autant approuver les cinq scénarios présentés dans la feuille de route 2050 de la Commission européenne, dévoilée le 15 décembre, M. Lidegaard a affirmé qu'il n'existait aucune alternative pour une meilleure utilisation des ressources et de l'énergie.
« Aucun des scénarios présentés par la Commission n'est réaliste sans d'importants efforts pour garantir l'efficacité énergétique ou l'utilisation accrue des énergies renouvelables », a expliqué M. Lidegaard.
« C'est un aspect qu'il faut absolument prendre en compte, quelles que soient les directions que nous prendrons », a-t-il ajouté.
Certains partisans de l'énergie renouvelable pensent que le projet de l'exécutif européen est trop conciliant, dans la mesure où, par exemple, il ne prévoit pas d'objectifs contraignants pour 2030 en termes de réduction d'émissions ou d'utilisation d'énergie renouvelable, comme il en existe pour 2020.
Sur la route de Rio
En plus des défis posés par la possibilité d'engagements forts en faveur de l'énergie renouvelable et de l'efficacité, la présidence danoise devra aborder d'autres sujets de discorde, dont la révision de la politique agricole commune, les inquiétudes persistantes à propos des cultures génétiquement modifiées et la révision du règlement européen sur les produits chimiques (REACH), que certains Etats voudraient plus flexible.
La présidence danoise accordera également une importance particulière à la conservation, notamment en matière de croissance durable. Elle devrait encourager l'intégration de l'efficacité énergétique et du développement durable dans les politiques européennes du transport et de l'agriculture.
Le Danemark prendra aussi la tête du Conseil lors de la Conférence des Nations unies pour le développement durable qui se déroulera en juin prochain à Rio de Janeiro au Brésil. Les Danois souhaitent utiliser cette plateforme internationale pour orienter les politiques de l'UE vers le développement durable, a déclaré Mme Auken.
Mais les performances de l'Europe lors des récentes réunions internationales sur l'environnement n'ont pas impressionné certains défenseurs de l'environnement. L'UE s'est laissée distraire par les États-Unis et les économies émergentes lors du sommet de Copenhague sur le climat en 2009 et a obtenu des résultats mitigés lors des récentes négociations des Nations unies sur le climat à Durban (Afrique du Sud), malgré ses promesses de jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique.