Que veut François Hollande ?

Candidat, François Hollande a eu l’audace de remettre en cause le traité budgétaire européen. Président, il ne dit pas un mot sur le saut fédéral à réaliser.

EURACTIV.fr
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Candidat, François Hollande a eu l’audace de remettre en cause le traité budgétaire européen. Président, il ne dit pas un mot sur le saut fédéral à réaliser.

François Hollande a déboulé sur la scène européenne avec pertes et fracas, en remettant en cause, dès le mois de décembre, le traité d’austérité adopté dans la douleur par 25 pays et en cours de ratification.

Vertement critiqué dans sa démarche, le Président a été rejoint depuis lors par bon nombre de dirigeants européens soucieux de remettre la croissance en haut de l’agenda.

Chantre des eurobonds, François Hollande n’en reste pas moins discret sur les conséquences d’une solidarité financière forte entre les États de la zone euro  : création d’un trésor européen, contrôle accru des budgets nationaux par Bruxelles, renforcement potentiel des pouvoirs du Parlement européen…

Le Président français est-il conscient du saut fédéral à réaliser ? « On ne sait pas ce qu’il souhaite pour l’UE à court, moyen et long terme. On ne sait pas ce que pense l’homme qui a précipité tout cela », observe Bernard Guetta, spécialiste des questions internationales à France Inter et invité à un débat à la Maison de l’Europe le 5 juin.

« On peut soupçonner qu’il est fédéraliste »

Lorsqu’il parle de fédéralisme, François Hollande évoque sans plus de détails un « fédéralisme de projets », dont l’expression même réduit la portée du concept. « Fils spirituel de Jacques Delors, ancien président du Club Témoin, on peut soupçonner qu’il est fédéraliste, poursuit l’éditorialiste. Mais il ne l’a jamais dit. »  

En dépit de ses positions dures à l’égard de l’Europe du Sud et de sa propension à penser aux contribuables allemands au détriment de l’intérêt général européen, Angela Merkel emprunte peut-être une voie plus cohérente. Elle refuse la mutualisation des emprunts européens sans un approfondissement fédéral. Une rupture avec la logique actuelle où les États dominent le jeu politique européen sans entrave, tant les institutions plus communautaires (Commission et président de l’UE) sont faibles.  

La tradition fédéraliste ne revient pas à ce que « l’économie se fédéralise, mais pas la politique », relève Bernard Guetta. C’est pourtant « ce qui est en train de monter ».