Raphaël Glucksmann veut rompre avec Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon

Dans une interview accordée au Point mardi 20 août, Raphaël Glucksmann, chef de file des socialistes français au Parlement européen, a fait savoir qu'il est temps de tourner la page du président Emmanuel Macron et du leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon.

Euractiv France
French Socialist Party holds EU Parliament elections meeting in Paris
L'essayiste français et fondateur du mouvement citoyen « Place Publique », tête de liste du Parti socialiste (PS). [EPA-EFE/Mohammed Badra]

Dans une interview accordée au Point mardi 20 août, Raphaël Glucksmann, chef de file des socialistes français au Parlement européen, a fait savoir qu’il est temps de tourner la page du président Emmanuel Macron et du leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon.

« Jupiter et Robespierre, c’est fini ! Il faut tourner la page Macron et Mélenchon », a déclaré dans cette interview l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui n’avait soutenu que du bout des lèvres la coalition des partis de gauche du Nouveau Front populaire (NFP), créée pour former une alliance contre l’extrême droite.

Les commentaires du leader socialiste interviennent avant les consultations prévues par Emmanuel Macron avec les dirigeants des différents groupes politiques pour nommer le nouveau Premier ministre français, vendredi 23 août.

Pour former une majorité au parlement, les socialistes auraient dû engager « dès le soir du second tour un dialogue avec les partis politiques qui ont participé au Front républicain contre le Rassemblement national », a ajouté Raphaël Glucksmann.

Le leader socialiste souhaite construire « une force sociale-démocrate intellectuellement dominante, avec un projet crédible de transformation de la société […], capable de battre l’extrême droite » — très probablement dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027.

« Quand je suis devenu député européen, j’avais cette tendance française à confondre compromis et compromission, mais j’ai appris et j’ai compris », a-t-il expliqué.

« Si on veut l’augmentation du SMIC et des salaires, un ISF climatique, le renforcement des services publics en zone rurale ou une grande politique de réindustrialisation, cela passe par des discussions poussées avec d’autres forces politiques. »

Pour l’heure, et malgré des tensions récurrentes, LFI, le parti Place publique (PP) de Raphaël Glucksmann proche du Parti socialiste, le Parti communiste français et les Verts devraient répondre conjointement à l’invitation d’Emmanuel Macron et participer ensemble aux consultations. Ils tenteront de pousser la candidature de Lucie Castets, haute fonctionnaire à la mairie de Paris, au poste de Première ministre.

Lucie Castets elle-même a mentionné ces derniers jours la nécessité pour le NFP de nouer des « accords » avec d’autres mouvements politiques en l’absence d’une majorité absolue au parlement pour mettre en œuvre le programme de la coalition de gauche.

Contacté par Euractiv, le groupe socialiste français au Parlement européen a déclaré qu’il ne ferait aucun commentaire sur les remarques de Raphaël Glucksmann.