Référendum sur l’Europe : David Cameron contesté par son propre camp

Le rejet par les députés britanniques d’un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE a été l’occasion pour les conservateurs eurosceptiques de faire passer un message de mécontentement à leur Premier ministre.

EURACTIV.fr

Le rejet par les députés britanniques d’un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE a été l’occasion pour les conservateurs eurosceptiques de faire passer un message de mécontentement à leur Premier ministre.

« Etre ou ne pas être en Europe, telle est la question », disait l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair.

C’est la question que les députés britanniques ont finalement refusé de poser, à nouveau, dans le cadre d’un référendum, lundi 24 octobre au soir.

Purement consultatif

Il s’agissait d’un vote purement consultatif, qui n’avait aucune chance d’être adopté, étant donné l’opposition des travaillistes et des libéraux-démocrates, europhiles, alliés des conservateurs au sein de la coalition au pouvoir.

Mais pour David Cameron, ce vote a constitué un avertissement de son propre camp. Près de 80 députés conservateurs (un sur quatre), à qui le premier ministre avait demandé de voter contre l’organisation d’un tel référendum, se sont prononcés pour la consultation populaire. 

La crise que traverse l’Europe depuis maintenant trois ans a réveillé cet éternel dilemme outre-Manche. Le cœur des Britanniques oscille toujours entre euroscepticisme et soutien au projet européen, comme le révèle un sondage publié par le Guardian.  

« Intérêt national »

Selon des informations du Monde, David Cameron a réaffirmé, lundi, que « l’intérêt national » du Royaume-Uni était d’ »être dans l’Union européenne ».

Toujours selon le quotidien français, le ministre des affaires étrangères, William Hague, pourtant eurosceptique convaincu, aurait jugé mal avisé d’imposer un référendum en cette période déterminante pour l’Europe. 

Ingérence britannique

Le vote intervient après un vif échange entre le Président français et le Premier ministre britannique, dimanche, lors du sommet européen à Bruxelles, et relayé par de nombreux journaux anglais.

Nicolas Sarkozy aurait reproché à David Cameron l’ingérence de son pays dans les affaires de la zone euro, alors que « vous n’avez  pas voulu le rejoindre ».