Règlement anti-déforestation de l’UE : les États membres tous classés comme présentant un « faible risque »
La Commission a publié, jeudi 22 mai, sa classification des pays dans le cadre du règlement contre la déforestation importée. Les 27 États membres de l’UE y figurent dans la catégorie « faible risque », suscitant la critique de plusieurs partenaires commerciaux.
La Commission européenne a publié, jeudi 22 mai, sa classification des pays dans le cadre du règlement européen contre la déforestation importée. Les 27 États membres de l’Union européenne y figurent dans la catégorie « faible risque », suscitant la critique de plusieurs partenaires commerciaux.
Ce règlement, destiné à lutter contre la déforestation mondiale liée à la consommation européenne, impose aux entreprises de prouver que les produits importés — comme le cacao, le café, l’huile de palme, le soja ou le bœuf — n’ont pas contribué à la déforestation. Pour ce faire, les pays sont classés en trois niveaux de risque : élevé, standard ou faible. Cette catégorisation détermine l’intensité des contrôles imposés aux opérateurs économiques.
Aux côtés de l’UE, des pays comme les États-Unis, la Chine, le Canada et l’Australie se retrouvent également dans la catégorie « faible risque ». À l’inverse, la Russie, la Biélorussie, la Corée du Nord et le Myanmar sont considérés comme présentant un « risque élevé », comme Euractiv l’avait déjà rapporté. Le reste des pays est classé dans la catégorie de risque « standard ».
Avant même sa présentation, la classification proposée a provoqué des tensions diplomatiques avec certains partenaires commerciaux, notamment l’Indonésie, la Malaisie et le Brésil, qui sont de grands exportateurs de nombreux produits concernés par la législation.
La Malaisie, notamment, a vivement réagi à la décision européenne.
« La Commission sait pertinemment que notre bilan environnemental est meilleur que celui de certains États membres de l’UE », a affirmé Dato’ Carl Bek-Nielsen, président du Conseil malaisien de l’huile de palme. Il dénonce un « favoritisme » de Bruxelles envers ses propres membres : « Ce favoritisme apparent ne manquera pas de susciter du ressentiment au lieu de jeter des ponts pour une coopération plus étroite. »
Tous les pays — peu importe la catégorie à laquelle ils appartiennent — sont tenus de se conformer au règlement et de démontrer, à l’aide de coordonnées géographiques, que les forêts n’ont pas été défrichées pour produire les marchandises importées.
« La publication aujourd’hui du classement des pays constitue une étape importante avant l’entrée en vigueur de la loi le 30 décembre 2025 pour les grandes entreprises et le 30 juin 2026 pour les micro et petites entreprises », a précisé la Commission dans un communiqué de presse.