Relations avec la Russie : les membres de l’OTAN tentent de trouver une position commune

L’OTAN s’apprête à tenir sa première discussion de haut niveau sur la définition de ses relations avec la Russie en vue de parvenir à une position commune d’ici l’été prochain.

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Russian President Putin visits North Caucasian Federal District
« La Russie reste la menace la plus importante et la plus directe pour la sécurité des Alliés », ont réaffirmé les dirigeants lors de la réunion de l’OTAN à Washington en juillet. [EPA-EFE/VYACHESLAV PROKOFYEV/SPUTNIK/KREMLIN POOL MANDATORY CREDIT]

L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) s’apprête à tenir sa première discussion de haut niveau sur la définition de ses relations avec la Russie en vue de parvenir à une position commune d’ici l’été prochain.

Les ministres de la Défense de l’OTAN se réuniront à Bruxelles jeudi 17 octobre pour cette discussion qui s’annonce plutôt difficile, les 32 alliés militaires ne partageant pas tous le même point de vue sur la position à adopter avec Moscou.

Avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, les liens de l’OTAN avec la Russie étaient fondés sur l’Acte Fondateur de 1997 sur les Relations, la Coopération et la Sécurité Mutuelles entre l’OTAN et la Fédération de Russie, mais l’invasion russe a complètement changé les relations de Moscou avec l’Occident, en particulier avec les membres de l’Alliance. La plupart des Européens et des Nord-Américains ont imposé un large éventail de sanctions contre les autorités et les entreprises russes et ont coupé les liens économiques avec le pays.

La stratégie de l’OTAN a également changé sur le plan politique.

« La Russie reste la menace la plus importante et la plus directe pour la sécurité des Alliés », ont réaffirmé les dirigeants lors de la réunion de l’OTAN à Washington en juillet.

Selon tous les diplomates avec lesquels Euractiv s’est entretenu, l‘acte fondateur a été considéré de facto comme nul et non avenu après que la Russie a attaqué l’Ukraine il y a deux ans. À l’époque, les membres de l’OTAN ont déclaré que la Russie avait renoncé à ses engagements au titre de ce texte.

Mais, pour l’heure, personne n’a vraiment osé jeter le document aux oubliettes.

Des discussions difficiles

Il est possible que la prochaine réunion de l’OTAN mette en évidence les divergences de vues entre les positions les plus strictes des pays baltes et des pays du flanc oriental et celles des gouvernements qui se montrent plus prudents, comme la Hongrie, la Slovaquie et la Turquie.

Lors du sommet de La Haye en juin 2025, les dirigeants devraient « élaborer des recommandations sur l’approche stratégique de l’OTAN à l’égard de la Russie, en tenant compte de l’évolution de l’environnement de sécurité ».

Certains Alliés plaident pour faire table rase, privilégiant l’abrogation de l’acte fondateur et l’établissement d’une position sans avoir à attendre la fin de la guerre. Pour eux, il s’agit de définir une position commune pour travailler avec — ou sans — la Russie indépendamment d’une éventuelle paix en Ukraine.

D’autres préfèrent attendre un accord de paix avec Kiev avant de négocier une nouvelle position sur les relations OTAN-Russie, que ce soit unilatéralement ou avec Moscou.

Les États-Unis, la plus grande puissance financière et militaire de l’OTAN, doivent encore clarifier leur position, a déclaré un haut fonctionnaire du gouvernement américain à la presse le 11 octobre.

Lors des discussions qui auront lieu la semaine prochaine à Bruxelles, « l’avenir de l’acte fondateur OTAN-Russie […] sera l’une des questions les plus importantes », a déclaré le fonctionnaire, faisant écho aux remarques formulées par trois autres diplomates.

Selon ce même fonctionnaire, les alliés militaires s’accordent à dire que l’acte fondateur et le Conseil OTAN-Russie appartiennent à une époque révolue et que quelque chose de nouveau est nécessaire.

Un diplomate de l’Alliance a toutefois soulevé la question de savoir si la décision unilatérale de l’OTAN de réviser l’acte fondateur ou de définir une nouvelle stratégie sans l’avis de la Russie pourrait être utilisée par Moscou contre l’Occident.

Lors de la négociation de l’acte fondateur de 1997, l’Alliance avait promis à Moscou qu’il n’existait aucune intention, aucun projet et aucune raison de déployer des armes nucléaires sur le territoire de nouveaux membres, frontaliers de la Russie.

« Il y a ensuite des questions en cascade sur la mesure dans laquelle l’un des trois “non” doit faire partie d’une future stratégie, dans quelle mesure et lequel, […] et quel type de signal voulez-vous envoyer à Moscou », a poursuivi le diplomate.

Cette question est d’autant plus sensible dans la mesure où la Russie a diffusé de fausses informations selon lesquelles l’Ukraine aurait mis au point une « bombe sale » et l’Occident s’apprêterait à déployer des armes nucléaires en Ukraine.

D’autres questions à l’ordre du jour incluent l’approche générale de l’OTAN envers la Russie, y compris la société civile, et la règlementation de la propriété ou du positionnement des armes, a indiqué un second diplomate à Euractiv.