Renew Europe critique l’inaction de la Commission face à l’interdiction de la Pride de Budapest
Le groupe Renew intensifie la pression sur la Commission face à son inaction concernant l’interdiction par le gouvernement hongrois de la Pride de Budapest, appelant à des mesures juridiques pour sauver la marche.
Le groupe libéral Renew Europe intensifie la pression sur Ursula von der Leyen concernant l’inaction de la Commission européenne face à l’interdiction par le gouvernement hongrois de la Pride de Budapest, appelant à des mesures juridiques urgentes pour sauver la marche.
Dans une lettre du 20 mai adressée à la présidente de la Commission, la Française Valérie Hayer, cheffe du groupe Renew Europe au Parlement européen, lui demande de solliciter « immédiatement » des mesures provisoires auprès de la Cour de justice de l’UE (CJUE) afin de garantir le droit à la réunion pacifique en Hongrie et d’autoriser la Pride prévue le 28 juin. Cette lettre a aussi été transmise aux commissaires responsables de la Démocratie et de l’Égalité, Michael McGrath et Hadja Lahbib.
La tenue de la marche des fiertés de Budapest est menacée par une loi adoptée en mars par le parlement hongrois, qui donne aux autorités le pouvoir d’interdire ce type d’évènements. Cette loi s’appuie sur la législation de 2021 relative à la « protection de l’enfance » restreignant la représentation des minorités sexuelles dans l’espace public. Ce texte est actuellement examiné par la CJUE après que l’exécutif européen a jugé qu’elle pourrait contrevenir au droit de l’Union.
Dans sa lettre, Valérie Hayer demande à la Commission d’enjoindre la Cour de suspendre l’application de la loi de 2021 en attendant une décision finale. Cette suspension permettrait à la Pride de se dérouler légalement.
La lettre, cosignée par la députée hongroise Katalin Cseh et l’eurodéputée belge Sophie Wilmès, rapporteure fictive du groupe Renew sur la procédure prévue à l’article 7 du Traité sur l’UE (TUE) à l’encontre de la Hongrie, souligne qu’Ursula von der Leyen a déclaré « à maintes reprises que l’État de droit et la lutte contre la corruption seraient au cœur de [son] travail ». Les trois femmes lui demandent désormais à agir en conséquence.
Pour rappel, l’article 7 TUE permet de sanctionner un État membre ne respectant pas les valeurs de l’Union.
« Lorsqu’un gouvernement fait taire la Pride, il fait taire la liberté elle-même. Renew Europe reste inébranlable face à toute attaque flagrante contre les libertés civiles sur notre sol : l’UE doit agir maintenant pour protéger la liberté de réunion pacifique, défendre les droits des personnes LGBTQ et tenir la Hongrie responsable de nos valeurs démocratiques communes. L’Europe ne peut pas se rendre complice par son inaction », a expliqué Valérie Hayer à Euractiv.
Parallèlement à cela, le 21 mai, 26 eurodéputés issus de la gauche, de la droite, des verts et du centre ont appelé la Commission à aller plus loin dans le gel de fonds pour la Hongrie, en proposant de suspendre la totalité des fonds destinés à Budapest, notamment en raison de l’interdiction de la Pride.
Cependant, il reste incertain que cette pression parlementaire suffise à faire évoluer la position d’Ursula von der Leyen sur la Pride de Budapest. Plusieurs sources indiquent que la Commission fait tout pour éviter de provoquer Viktor Orbán sur son territoire.
Ainsi, lundi 26 mai, l’on apprenait que l’équipe d’Ursula von der Leyen aurait recommandé aux commissaires européens de ne pas participer à la Pride de Budapest, afin de ne pas « provoquer » le gouvernement hongrois dirigé par Viktor Orbán.
La présidente de la Commission craindrait que toute participation des commissaires ne soit instrumentalisée par le pouvoir hongrois, qui pourrait dénoncer « des leçons de morale » données par « les élites bruxelloises déconnectées de la réalité », a expliqué une source à Euractiv.
« Ursula von der Leyen souhaite maintenir un canal de communication avec [Viktor] Orbán. La Commission tente de jouer ce rôle alors que le Conseil est très mécontent et que le Parlement s’apprête à passer à la vitesse supérieure dans les prochains jours sur l’article 7. Elle ne veut pas aggraver la situation », a déclaré une autre source.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]