Reprise du dialogue entre la Serbie et la Croatie

Après un an de silence, le président serbe Boris Tadi? et son homologue croate Ivo Josipovi? ont renoué le dialogue entre leurs deux pays, lors d’une rencontre sur l’île croate de Krk le 24 mars.

EURACTIV.fr

Après un an de silence, le président serbe Boris Tadi? et son homologue croate Ivo Josipovi? ont renoué le dialogue entre leurs deux pays, lors d’une rencontre sur l’île croate de Krk le 24 mars.

Les relations entre les deux pays étaient tendues depuis mars 2008, date à laquelle la Croatie avait reconnu l’indépendance du Kosovo. Elles s’étaient envenimées en 2009 à la suite de l’acceptation par la Cour internationale de justice (CIJ) de la plainte de la Croatie contre la Serbie pour génocide. En réaction, la Serbie avait déposé une plainte similaire le 4 janvier 2010.

Selon les propos du professeur Radoslav Stojanovi?, rapportés par le Courrier des Balkans, ces deux plaintes sont « inutiles et infondées », car les crimes commis en Croatie, par un camp comme par l’autre, ne constituent pas un génocide.

La question de la Bosnie-Herzégovine est également au cœur des tensions entre les deux pays. Le précédent président croate Stjepan Mesi? avait déclaré en janvier 2010 qu’il interviendrait militairement en Bosnie-Herzégovine si le leader serbe de la Republika Srpska Milorad Dodik tentait de faire sécession.

L’élection d’Ivo Josipovi? à la tête de la Croatie a permis d’apaiser les tensions. Dès le lendemain de son arrivée au pouvoir, en janvier 2010, il s’était prononcé en faveur du retrait de la plainte déposée par Zagreb en 1999 devant la CIJ contre la Serbie. Ce qui n’avait pas empêché le président serbe de refuser d’assister à son investiture en février 2010, en raison de la présence du président du Kosovo Fatmir Sejdiu.

Désormais, selon les propos des deux présidents, une nouvelle phase des relations entre la Serbie et la Croatie va s’ouvrir. Ils ont annoncé s’être mis d’accord sur « des mesures concrètes concernant [leurs] relations bilatérales et la coopération régionale ».

Cette reprise du dialogue était nécessaire car les deux pays désirent rejoindre l’Union européenne. Un gel du dialogue entre les deux piliers des Balkans occidentaux aurait été mal perçu par la Commission européenne, alors que la Croatie entre dans la dernière ligne droite avant l’adhésion. 30 chapitres d’adhésion sur 35 ont été ouverts jusqu’ici, et 17 sont déjà clôturés.

La Serbie a quant à elle déposé sa demande de candidature à l’UE en décembre 2009. Elle espère une acceptation rapide pour pouvoir commencer les négociations des chapitres d’adhésion. Mais, cette ouverture dépendra nécessairement des relations de la Serbie avec ses voisins. Si la reconnaissance du Kosovo par Belgrade n’est pas requise, la coopération régionale est fortement encouragée par l’UE.

Cette détente entre Serbes et Croates arrive à point nommé car trois jours auparavant, le président serbe avait boycotté un sommet sur la coopération régionale en Slovénie. En réponse, le commissaire européen à l’élargissement Stefan Füle était parti au cours de la réunion pour manifester l’impatience de l’UE face aux querelles régionales.

Un message que le président serbe semble avoir entendu  : « Nos deux pays ont également une responsabilité vis-à-vis de la région et c’est dans notre intérêt que la région entière intègre l’Union européenne », a-t-il déclaré lors de la rencontre avec son homologue croate.

A ce titre, la question des plaintes pour génocide pourraient être retirées et réglées par un accord extrajudiciaire. Ils ont également déclaré que l’intégrité de la Bosnie-Herzégovine ne devait pas être remise en cause.

Malgré ces efforts, la route de l’adhésion est encore longue pour les pays des Balkans occidentaux. Seule la Croatie devrait intégrer l’UE en 2012 et la poursuite du processus passera dorénavant par la résolution des deux tensions majeures de la région  : le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine.

CALENDRIER :

  • Décembre 2009 : Dépôt de candidature de la Serbie à l’UE
     
  • 2012 : Possible entrée de la Croatie dans l’UE