Robert Fico soutiendra une aide financière européenne à l’Ukraine si les fonds ne sont pas détournés

Le Premier ministre slovaque Robert Fico soutiendra une aide financière  à l’Ukraine — malgré sa rhétorique pro-russe — s’il obtient des garanties que l’argent ne sera pas détournée et qu’une partie sera utilisée pour rénover les infrastructures frontalières et soutenir les entreprises slovaques impliquées dans la reconstruction.

EURACTIV Slovaquie
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Le gouvernement souhaite présenter des « initiatives concrètes » qui permettraient d’impliquer dès que possible les principaux acteurs slovaques dans la stabilisation et la reconstruction à venir de l’Ukraine et de leur allouer des ressources financières au niveau national. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Le Premier ministre slovaque Robert Fico soutiendra une aide financière  à l’Ukraine — malgré sa rhétorique pro-russe — s’il obtient des garanties que l’argent ne sera pas détournée et qu’une partie sera utilisée pour rénover les infrastructures frontalières et soutenir les entreprises slovaques impliquées dans la reconstruction.

« L’Ukraine est l’un des pays les plus corrompus au monde, et nous conditionnons le soutien financier brutal qu’elle reçoit à des garanties que l’argent européen (y compris l’argent slovaque) ne sera pas détourné », a déclaré M. Fico à propos de l’injection de 50 milliards d’euros dans le budget de l’Ukraine.

M. Fico est également prêt à envoyer 400 millions d’euros à l’UE si l’augmentation du budget d’aide à l’Ukraine est utilisée pour améliorer la compétitivité, lutter contre l’immigration clandestine et si les fonds de cohésion ne sont pas supprimés.

Les conclusions du Conseil mentionnent également une aide militaire de l’UE, notamment par le biais de la facilité européenne pour la paix (FEP). Le véritable test de l’approche du dirigeant slovaque viendra au moment d’apposer ou non à l’augmentation de 20 milliards d’euros de la FEP.

Celle-ci, contrairement à l’augmentation budgétaire proposée, est destinée à financer directement des armes, des munitions et d’autres formes d’aide militaire et doit être approuvée à l’unanimité.

Dichotomie

La dichotomie entre les propos de M. Fico et les conclusions du Conseil est apparue pour la première fois lors d’une audition avec la commission des Affaires européennes du parlement slovaque jeudi matin (25 octobre). Michal Šimečka, leader du parti d’opposition Slovaquie progressiste, a demandé à M. Fico comment sa position contre l’aide militaire s’accordait avec la formulation de projets d’aides « tous azimuts » à l’Ukraine.

« Nous interprétons l’aide globale comme une aide humanitaire et civile uniquement », a répondu M. Fico, mais il a finalement choisi de ne pas protester contre la mention explicite de l’aide militaire dans le texte des conclusions.

Lors d’une réunion avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, jeudi, M. Fico a indiqué que Ursula von der Leyen avait déclaré qu’elle respectait « le droit souverain des États membres de soutenir ou non l’Ukraine sur le plan militaire ».

Mais il reste à savoir si ce droit s’étendra à un veto sur l’aide militaire de l’UE à l’échelle du bloc par le biais de la FEP.