Salvini exhorte l'UE à abandonner ses règles budgétaires et à rouvrir ses frontières au gaz russe

Le rassemblement de Milan – placé sous le slogan « Sans crainte. En Europe, maîtres dans notre propre maison » – a réuni des figures de proue de l'extrême droite européenne

EURACTIV.com
[Photo : Alessia Peretti]

MILAN, Italie — La droite nationaliste européenne s’est retrouvée samedi sous les feux de la rampe sur la Piazza Duomo, où le vice-Premier ministre Matteo Salvini a réuni ses alliés pour prôner une ligne dure en matière d’immigration et d’énergie.

Sous des banderoles proclamant « Assez de la folie de Bruxelles », Salvini a clôturé le rassemblement des Patriotes pour l’Europe après une série d’interventions, notamment celles de Geert Wilders, du Parti pour la liberté néerlandais, et de Jordan Bardella, du Rassemblement national français.

Salvini a appelé à un gel du pacte de stabilité de l’UE et à une flexibilité immédiate en matière de dépenses publiques afin de protéger les ménages contre la flambée des coûts énergétiques. Il a également plaidé en faveur d’une réouverture à l’approvisionnement en gaz russe, exhortant Bruxelles à suivre ce qu’il a qualifié d’« assouplissement temporaire des restrictions américaines ».

« Plutôt que de fermer les écoles et les usines, recommençons à nous approvisionner en gaz partout, y compris en Russie », a déclaré Salvini, qualifiant la politique énergétique de l’UE de « nouveau confinement » de facto imposé par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Son image, diffusée sur des écrans pendant le discours, a suscité des huées audibles sur la place.

Les organisateurs ont estimé la participation à environ 2 000 personnes, avec des tracteurs alignés sur la place et des pancartes « Non au Mercosur » soulignant les griefs des agriculteurs, intégrés dans un discours anti-UE plus large.

Le rassemblement de Milan — baptisé « Sans crainte. En Europe, maîtres dans notre propre maison » — a réuni des figures clés du réseau des Patriotes.

Bardella a prononcé son discours en italien, affirmant qu’une victoire de son parti à l’élection présidentielle française de 2027 « ne sera pas seulement une victoire française, mais celle de toutes les nations européennes ». Il a ajouté que l’équilibre des pouvoirs à Bruxelles était déjà en train de basculer.

La question de l’immigration a été abordée dès le début du rassemblement, le journaliste de droite Mario Giordano clôturant son discours en scandant à plusieurs reprises « remigration » avec la foule.

Lorsque Salvini a abordé la question plus tard, après que le slogan eut été repris sur la place, il s’est empressé de redéfinir le terme et de se distancier de son cadre plus large.

« La remigration ne signifie pas renvoyer n’importe qui que l’on croise dans la rue », a-t-il indiqué.

(mm)