Sanofi : la grève pour une hausse des salaires se poursuit

L'échec des négociations entre syndicats et patronat chez Sanofi a vu jeudi la reconduite de la grève. Les salariés en grève réclament une revalorisation salariale dans le contexte de l'inflation et des profits engrangés par le laboratoire pharmaceutique en 2021.

Euractiv France
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En 2021, le bénéfice net de Sanofi était en hausse de 11,8% et s’élevait à 8,21 milliards d’euros. [Keitma/Shutterstock]

L’échec des négociations entre syndicats et patronat chez Sanofi a vu jeudi la reconduite de la grève. Les grévistes réclament une revalorisation salariale de 10% dans le contexte de l’inflation. Ils dénoncent également les profits engrangés par l’entreprise.

Depuis le lundi 14 novembre, un mouvement de grève national à l’appel de quatre syndicats (CGT, CFTC, FO, CFDT) est en cours sur 14 sites de production de l’entreprise pharmaceutique française.

Sur près de 20 000 employés, entre 2 500 et 4 000 salariés sont en grève chez Sanofi, selon la CGT, le deuxième syndicat de France. Contacté par EURACTIV, Sanofi déclare de son côté qu’il y a seulement entre 600 et 900 grévistes.

Les grévistes demandent une augmentation des salaires de 10% en 2023, accompagnée d’une prime de 10 000 euros. Cette demande fait suite à l’inflation qui frappe la France, et plus largement l’Europe, de plein fouet d’une part et d’autre part aux profits engrangés par le laboratoire.

En 2021, le bénéfice net de Sanofi était en hausse de 11,8% et s’élevait à 8,21 milliards d’euros.

La direction de Sanofi leur a proposé une augmentation de 4,5%, avec une prime de 2 000 euros, lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui se sont tenues en novembre. Une offre que les quatre syndicats ont refusée.

« C’est misérable », a déclaré Frédéric Dos Santos, délégué syndical de la CGT, à EURACTIV France. L’échec des négociations a entraîné jeudi (1er décembre) la poursuite du mouvement syndical.

Une hausse de 10% des salaires correspondrait aux prévisions de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), qui prévoit une inflation record de 10% pour l’année à venir.

« Ils ne réclament pas la lune. Ils réclament de quoi pouvoir manger et vivre dignement », a déclaré le patron de la CGT Phillipe Martinez jeudi à Sisteron (Alpes-de-Hautes-Provence) où il s’était rendu pour soutenir les grévistes.

Sanofi de son côté assure offrir des conditions salariales « parmi les plus attractives, toutes entreprises confondues » en France.

« Les salaires de base annuels moyens sont également supérieurs à la moyenne nationale de l’industrie pharmaceutique, en moyenne d’environ 10% », précise le laboratoire dans un communiqué de presse.

Entre patronat et syndicats, le dialogue semble rompu.

« On ne lâchera rien », promet M. Dos Santos, qui travaille sur le site de production Sanofi de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Affaire à suivre.