SCAF : les employés d’Airbus demandent la fin du partenariat avec Dassault
Les tensions entre Airbus et Dassault autour du programme d’avion de combat européen de nouvelle génération (SCAF) s’enveniment. En Allemagne, les représentants du personnel d’Airbus appellent désormais à tourner la page du partenariat avec le constructeur français, accusé de bloquer le projet.
Les progrès sur le projet d’avion de combat européen du futur sont au point mort en raison d’un différend entre les géants français et allemand de l’aéronautique Dassault et Airbus. Ces derniers mois, le désaccord entre les deux entreprises est apparu de plus en plus clairement.
En Allemagne, après une réunion du personnel d’Airbus lundi 10 novembre, Thomas Pretzl, président du comité central de l’entreprise, qui représente ses employés, a fait valoir que l’entreprise devrait mettre officiellement fin à sa coopération avec Dassault dans le cadre du projet de système de combat aérien du ftur (SCAF).
« Nous voulons enfin développer et construire à nouveau un bon avion de combat », a affirmé Thomas Pretzl. Selon lui, mettre fin à la coopération avec Dassault serait la meilleure façon de débloquer la situation, tout en préservant les relations politiques entre la France et l’Allemagne.
Dassault, le principal contractant français du projet, a clairement fait savoir qu’il souhaitait jouer un rôle plus important dans le développement de la composante « avion de combat » du projet. Son PDG, Éric Trappier, a également déclaré que l’entreprise était prête à réaliser seule un avion de combat de nouvelle génération.
Le rôle, déjà prépondérant, de Dassault dans la partie du projet consacrée aux avions de combat a été défini dans l’accord initial sur le projet SCAF, conclu entre Paris, Berlin et Madrid. Airbus, quant à lui, serait chargé de diriger les aspects liés aux drones et à l’intelligence artificielle dans le « système de systèmes » du chasseur de nouvelle génération.
Mais les PDG des entreprises française et allemande se sont souvent lancé des critiques quant à la lenteur des progrès. Seule l’entreprise espagnole Indra semble, pour l’heure, être restée en dehors des querelles.
SCAF : l’Espagnol Indra appelle la France et l’Allemagne à surmonter leurs désaccords pour sauver le projet européen de chasseur du futur
Un conflit entre les partenaires industriels français et allemand concernant le système de combat aérien…
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Les gouvernements français et allemand doivent décider d’ici la fin de l’année de l’avenir du programme.
Une réunion tripartite prévue en octobre à Berlin a été reportée, conséquence des remaniements ministériels à Paris.
La semaine dernière, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a déclaré aux journalistes que le gouvernement français ne pouvait pas décider seul du rôle de la France dans le SCAF, car son constructeur aéronautique Dassault « joue également un rôle central évident ».
« Nous avons besoin d’accords clairs », a pour sa part insisté Thomas Pretzl.