Se détourner du gaz russe après la guerre, une « erreur géopolitique » selon le ministre-président de Saxe
L’Allemagne devrait se tourner à nouveau vers le gaz russe dès la fin de la guerre en Ukraine et maintenir indéfiniment ses centrales nucléaires en activité, a déclaré le ministre-président de Saxe, Michael Kretschmer mardi (1er novembre).
L’Allemagne devrait se tourner à nouveau vers le gaz russe dès la fin de la guerre en Ukraine et maintenir indéfiniment ses centrales nucléaires en activité, a déclaré le ministre-président de Saxe, Michael Kretschmer, lors de la visite du ministre fédéral de l’Action climatique, Robert Habeck, dans la région d’Allemagne orientale, mardi (1er novembre).
Lors d’une conférence de presse conjointe après leur rencontre, M. Kretschmer, conservateur membre de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU) a appelé à maintenir les centrales nucléaires en activité au-delà de la date de fin prévue par le gouvernement fédéral au printemps 2023.
Il a également ajouté qu’afin de sécuriser son approvisionnement énergétique, l’Allemagne devrait « se tourner vers la Russie dès que cette guerre sera terminée » et a appelé à chercher à mettre fin à la guerre par des « moyens diplomatiques » le plus rapidement possible.
Chercher à se passer du gaz russe reviendrait à « ignorer l’histoire et à commettre une erreur sur le plan géopolitique », a poursuivi le ministre-président, qui est également l’un des quatre vice-présidents de la CDU.
M. Habeck a quant à lui répondu que c’est « la Russie de Vladimir Poutine qui a arrêté les livraisons de gaz ».
Par ailleurs, il a souligné l’importance d’une coopération étroite entre le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux face à la crise énergétique.
La Saxe est la dixième région que M. Habeck visite depuis son entrée en fonction, dans le but de rallier les Bundesländer — les États fédérés allemands disposant de compétences importantes dans le système fédéral outre-Rhin — à ses projets d’approvisionnement énergétique plus respectueux du climat.
Il n’a pas été facile de trouver un terrain d’entente entre le ministre fédéral écologiste, connu pour ses positions tranchées à l’égard de Moscou et en tant que partisan des énergies renouvelables, et le chef de région conservateur, qui a régulièrement fait la une des journaux pour ses déclarations pro-russes depuis le début de la guerre en Ukraine en février dernier.