Sécurité et police : face aux polémiques, Emmanuel Macron tente de reprendre le contrôle
À deux jours du premier tour des élections législatives, Emmanuel Macron a tenté, jeudi (9 juin), de prendre le dessus sur les sujets de sécurité, après que la gauche radicale a remis en question la doctrine du maintien de l’ordre du gouvernement ces dernières semaines.
À deux jours du premier tour des élections législatives, Emmanuel Macron a tenté, jeudi (9 juin), de prendre le dessus sur les sujets de sécurité, après que la gauche radicale a remis en question la doctrine du maintien de l’ordre du gouvernement ces dernières semaines.
Débordements au Stade de France après la finale de la Ligue des Champions, un homme tué lors d’un contrôle de police en avril, une jeune femme tuée d’une balle perdue pendant une interpellation samedi (4 juin)… les interrogations autour de la sécurité et du maintien de l’ordre ont émaillé ces dernières semaines de campagne électorale.
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, pris entre les feux des oppositions, s’est efforcé tant bien que mal de défendre la doctrine de maintien de l’ordre prônée par le gouvernement.
Entre la gauche qui reproche un usage disproportionné de la force et la droite qui s’interroge sur le laxisme de l’exécutif à l’égard des délinquants, Emmanuel Macron a dû monter au créneau pour reprendre le contrôle sur un sujet devenu inflammable.
Plus tôt dans la semaine, Jean-Luc Mélenchon déclarait que « la police tue » et a sérieusement remis en question l’ « évolution de l’usage de la force de la police […] définie par le pouvoir politique » de M. Macron.
Des propos dont la majorité présidentielle et la droite s’étaient indignées, en marquant leur soutien aux forces de l’ordre.
Le président leur a donc emboîté le pas, lors d’un déplacement dans le Tarn sur le thème de la sécurité, en rendant hommage aux « forces de sécurité qui nous protègent » et a salué leur « professionnalisme, leur exemplarité et leur déontologie ».
« Il y a des choses que je ne peux pas accepter, c’est qu’on insulte celles et ceux qui risquent leur vie pour protéger la nôtre », a déclaré Emmanuel Macron, en se référant implicitement mais clairement au leader de la gauche radicale. « Pour qu’une nation soit unie […], nous devons absolument défendre nos gendarmes comme nos policiers », a-t-il poursuivi.
Afin de soutenir la police et la gendarmerie, M. Macron a annoncé vouloir « renforcer les moyens d’action dans les cinq années à venir ».
En particulier, 200 brigades de gendarmerie seront déployées au niveau national et le nombre de réservistes sera doublé.
Des réformes organisationnelles, des recrutements et le recours à de nouveaux équipements sont aussi sur la table de l’exécutif, afin qu’il « y ait moins de paperasses » et pour permettre aux forces de l’ordre d’être davantage sur le terrain pour « prévenir et agir » contre la délinquance.
L’objectif est de « doubler d’ici la fin de la décennie la présence de nos forces de l’ordre sur la voie publique », rappelle M. Macron.
Lors d’une prise de parole après ces propos, M. Mélenchon a tenu à préciser que « personne n’a insulté la police », tout en insistant sur le fait de vouloir « dénoncer une doctrine d’emploi du maintien de l’ordre qui a abouti [à des] violences ».
M. Macron semble néanmoins vouloir apaiser les tensions et avoir pris conscience de l’inquiétude d’une partie de la population quant aux débordements récents, en rappelant l’ « exigence du respect des règles déontologiques et de l’engagement ».
Malgré cela, à deux jours du premier tour des élections législatives, M. Mélenchon pense voir dans les propos et les attaques du président à son égard une « fébrilité » due aux estimations des enquêtes d’opinion, qui donnent leurs camps respectifs au coude-à-coude – et à sa crainte de perdre la majorité.