Selon Connie Hedegaard, le marché des quotas commence à porter ses fruits
La commissaire en charge de l’Action climatique juge que quelques ajustements sont encore nécessaires, notamment pour régler le problème du surplus de quotas de CO2 disponibles sur le marché
La commissaire en charge de l’Action climatique juge que quelques ajustements sont encore nécessaires, notamment pour régler le problème du surplus de quotas de CO2 disponibles sur le marché
Dans un entretien accordé au magazine L’Usine à GES du mois de septembre, la commissaire à l’Action climatique, Connie Hedegaard, dresse un bilan de son action depuis son arrivée à Bruxelles. En mars 2007 le Conseil européen avait fixé pour objectif une réduction de 20% des gaz à effet de serre d’ici 2020, envisageant de porter ce chiffre à 30% en cas d’accord international. Aujourd’hui, la commissaire juge que toutes les conditions sont réunies pour atteindre ce second objectif. Si rien n’est encore joué, il n’est pas trop tard pour atteindre la barre des 2°C, en référence au réchauffement climatique maximal, fixée lui aussi en mars 2007, souligne-t-elle.
Connie Hedegaard estime que le marché des quotas commence à porter ses fruits, même si quelques ajustements sont encore nécessaires, pour régler le problème du surplus de quotas disponibles sur le marché. Cette situation menace en effet la stabilité des prix du carbone.
« Ce sera difficile à Cancun »
Des changements sont aussi envisagés sur les mécanismes de développement propre (MDP). La Commission souhaite par exemple mettre fin, d’ici 2013, aux crédits qui concernent un gaz industriel très polluant, le trifluorométhane. Bruxelles veut également créer des « projets MDP plus programmatiques dans les secteurs comme l’acier, le fer ou l’aluminium pour agir à grande échelle et simplifier le processus d’action», explique Mme Hedegaard.
Sur le front des négociations internationales, « l’UE est prête depuis longtemps, mais ce sera difficile à Cancun », admet la commissaire, en évoquant le sommet international qui doit se tenir au Mexique en décembre. Deux dossiers sont mis en avant : trouver un accord sur les questions de la déforestation et concrétiser les promesses de financement faites à Copenhague. Mais la position de la Chine et des États-Unis reste déterminante dans l’avancée de ces dossiers comme dans tous ceux ouverts lors de la dernière conférence internationale. S’il est possible d’arriver à des accords entre les pays à Cancun, « cela nécessitera une volonté commune de compromis », martèle Connie Hedegaard.