Selon l'OCDE, l'Afrique gagnerait le plus à moderniser ses douanes
Une étude approfondie des douanes et de la régulation du commerce extérieur montre que les pays en développement pourraient considérablement alléger les coûts liés à l'import et à l'export de marchandises.
Une étude approfondie des douanes et de la régulation du commerce extérieur montre que les pays en développement pourraient considérablement alléger les coûts liés à l’import et à l’export de marchandises.
En Tunisie, la réduction des délais de traitement des cargaisons à la frontière aurait généré 100 000 emplois tandis qu’en Ethiopie, la réforme des services de douanes aurait augmenté les recettes fiscales de plus de 50%.
Ces deux exemples sont mis en avant par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a publié, vendredi 3 mai, des analyses par région et par pays des conditions d’import et d’export de marchandises.
L’organisation, qui réunit les 30 économies les plus avancées, estime notamment que les coûts commerciaux pourraient être réduits de 15,5% dans les pays en développement, contre 10% dans les économies avancées. La marge de progression est la plus forte en Afrique subsaharienne : 17%.
« Selon les recherches de l’OCDE, une réduction de 1 % de ces coûts augmenterait le revenu mondial de plus de 40 milliards de dollars, une augmentation dont bénéficieraient en grande partie les pays en développement », souligne le communiqué.
Accès aux sources d’énergie
C’est dans la modernisation des systèmes douaniers que les économies les plus importantes pourraient être réalisées. Ce diagnostic vaut pour l’Afrique, le Moyen-Orient comme l’Asie et les pays riches.
L’objectif sous entendu est un contrôle des frontières plus efficace. En particulier dans les pays les moins avancés qui ne vérifient les produits qu’une fois arrivé à la frontière.
Pour y arriver, il est nécessaire de mettre sur pied des systèmes d’échange électronique de données. Or, dans certains pays, l’accès des services publics à une source d’énergie stable est limité, relève l’OCDE.
Bon accès aux données
Les délais pour remplir les formalité peuvent être considérablement réduits en établissant des systèmes de « guichet unique » qui permettent d’accomplir l’ensemble des démarches liés à l’import ou à l’export (déclaration de douane, licences, certificats de conformité…) d’une marchandise avec un seul interlocuteur.
Simplifier les démarches administratives est également souhaitable. A cet égard, seule la moitié des pays hors de l’OCDE et de l’APEC interrogés ont attesté accepter les copies de documents officiels pour la constitution de dossiers.
Cependant, l’OCDE estime que les pays en développement sont aujourd’hui au point concernant l’accessibilité de l’information liée au procédures douanières, à l’exception, toutefois, de l’Afrique subsaharienne.
Investissements
Ces réformes ont un coût, en termes d’infrastructures, d’équipement comme de ressources humaines. Mais leurs retombées économiques sont importantes, avance l’OCDE.
Malgré la crise économique et financière, l’aide pour la facilitation des échanges a plus que doublé depuis 2007, passant d’environ 160 millions de dollars (prix constants, 120 millions d’euros) à presque 400 millions en 2011.
La même année, plus de 12 milliards de dollars ont été consacré au développement des transports, du stockage, et des systèmes de communications.