Selon Peter Altmaier, le ministère de l’Économie aurait retrouvé sa splendeur

Après quatre années passées à la tête du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie, une sortie progressive du charbon et une pandémie, Peter Altmaier passe le flambeau au co-chef des Verts, Robert Habeck.

EURACTIV Allemagne
German Chancellor Merkel hosts 11th Integration Summit in Berlin
Le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier, au lancement du 11e sommet sur l’intégration, à la chancellerie fédérale, à Berlin, le 2 mars 2020. La chancelière Angela Merkel reçoit des immigrés et quelque 60 représentants d’organisations de migrants pour un sommet abordant les défis relatifs à l’intégration et les questions qui y sont associées telles que le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, suite à une fusillade meurtrière à Hanau dont le motif semble être xénophobe. [EPA-EFE/OMER MESSINGER]

Après quatre années passées à la tête du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie, une sortie progressive du charbon et une pandémie, Peter Altmaier passe le flambeau au co-chef des Verts, Robert Habeck. Ce dernier présidera le nouveau « super-ministère » en charge de l’énergie, de l’économie et désormais également de la protection du climat, rapporte EURACTIV Allemagne.

Contrairement à ses prédécesseurs sous le mandat de la chancelière Angela Merkel, Peter Altmaier est resté en poste durant toute la législature, soit quatre ans, qui ont par ailleurs été mouvementés.

« Notre ministère est reconnu, estimé et respecté », et il aurait prouvé pendant la pandémie de Covid-19 qu’il « était en mesure de changer les choses sur le plan politique, de définir le cap », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse d’adieu qui s’est tenue à Berlin ce lundi (6 décembre).

À l’instar du ministère de la Santé, celui de M. Altmaier a été fortement impliqué dans la lutte contre la pandémie ainsi que ses retombées. Alors que l’économie sombrait en raison des confinements à répétition, son ministère a soutenu le ministère des Finances en puisant dans ses coffres de manière inédite.

En effet, les ministères « ont injecté beaucoup d’argent pour surmonter la pandémie, et il n’existe pas de précédent dans l’histoire de la République fédérale d’Allemagne », a-t-il expliqué.

Avec tout cela, le ministère de M. Altmaier a ainsi connu une renaissance, puisque ce ministère de seconde zone qui était alors méprisé, à côté des postes ministériels traditionnellement convoités des ministères des Affaires étrangères et des Finances, s’est aujourd’hui transformé en un véritable super-ministère.

« Le ministère fédéral de l’Économie est à nouveau redevenu quelque chose », a confié M. Altmaier aux journalistes, ajoutant que « des personnes importantes souhaitent à nouveau y être ministres à présent ».

Son successeur désigné, le vice-chancelier et co-chef des Verts, Robert Habeck, sera en charge du nouveau super-ministère et reprendra également les dossiers climatiques du ministère de l’Environnement.

M. Habeck et M. Altmaier s’étaient rencontrés en 2012, lorsque ce dernier était ministre fédéral de l’Environnement et que M. Habeck occupait le même poste dans le Land du Schleswig-Holstein.

« Je fais confiance à Robert Habeck pour relever les défis liés à cette fonction », a déclaré l’ancien ministre, ajoutant que le vice-chancelier aura « la chance de pouvoir représenter de manière proéminente le thème de l’économie et de la transformation ».

La sortie progressive du charbon

Toutefois, les quatre années de mandat de M. Altmaier n’ont pas été de tout repos. Son ministère est tenu largement responsable de la sortie du charbon en Allemagne, ce qui a poussé certains à mépriser le ministère dirigé par la CDU.

Les 40 milliards d’euros d’aides structurelles que le gouvernement fédéral avait promis aux régions productrices de charbon n’ont pas non plus échappé à la controverse.

Alors que l’association des contribuables s’est plainte du fait que d’anciens projets d’infrastructure presque abandonnés avaient été financés, le fait que les fonds de l’UE ne parviendraient aux régions que dans une faible mesure a également suscité la controverse.

Toutefois, le projet le plus important de M. Habeck sera de faire avancer l’élimination progressive du charbon, qui, selon l’accord de coalition signé par les sociaux-démocrates (SPD), les Verts et les libéraux (FDP) devrait « idéalement » être réalisé en 2030.

M. Habeck, qui a déjà fait l’expérience de la promotion des énergies renouvelables lorsqu’il était ministre de l’Environnement dans le Schleswig-Holstein, sera contraint de passer à la vitesse supérieure car, d’ici 2030, 80 % de l’électricité consommée en Allemagne devrait provenir de sources renouvelables.

Selon M. Altmaier, il est impératif de ne pas perdre de vue l’essentiel. « Je ne peux qu’exhorter chacun à continuer à accorder la priorité au caractère abordable ainsi qu’à la sécurité de l’énergie et de l’approvisionnement en électricité en Allemagne », a-t-il confié à son successeur.