Si Ursula von der Leyen ne lève pas l’interdiction du moteur à combustion, il s’agira d’une « fraude électorale »
Alors que les socialistes pressent la présidente de la Commission à maintenir l’interdiction des nouvelles voitures à combustion, le ministre allemand des Transports, le libéral Volker Wissing, a averti que refuser d’annuler cette interdiction constituerait une « fraude électorale ».
Alors que les Socialistes et Démocrates européens (S&D) pressent la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à maintenir l’interdiction des nouvelles voitures possédant un moteur à combustion à partir de 2035 si elle décroche un second mandat, le ministre allemand des Transports, Volker Wissing (Parti libéral-démocrate, FDP/Renew), a averti que refuser d’annuler cette interdiction constituerait une « gigantesque fraude électorale ».
Ursula von der Leyen et son Parti populaire européen (PPE) négocient actuellement avec les autres groupes politiques du Parlement européen afin qu’elle puisse obtenir la majorité nécessaire à sa réélection lors d’un vote qui aura lieu lors de la plénière la semaine prochaine.
Dans le cadre des négociations, le groupe S&D a annoncé que son soutien serait conditionné au maintien de l’interdiction de facto en 2035 de toutes les nouvelles voitures à essence et diesel dans l’UE.
« Si Mme von der Leyen se prononce à nouveau en faveur d’une interdiction des moteurs à combustion, la CDU [Union chrétienne-démocrate d’Allemagne, parti d’Ursula von der Leyen] perdra toute sa crédibilité », a écrit le ministre des Transports du parti libéral FDP sur X en réponse à la demande des socialistes.
« Cela équivaudrait à une gigantesque fraude électorale. Un engagement ferme a été pris afin de mettre fin à l’interdiction [du moteur à] combustion », a-t-il ajouté.
L’interdiction des nouvelles voitures à combustion a été décidée l’année dernière et adoptée dans le cadre des objectifs du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), mais la CDU de Mme von der Leyen a promis de revenir sur cette mesure lors de sa campagne électorale.
Cependant, la nature hautement politisée de la question pose un dilemme à la responsable politique allemande, qui a besoin des votes de son propre parti, des socialistes et des libéraux, dont font partie le parti de M. Wissing, ainsi que potentiellement de ceux des Verts au Parlement européen pour être reconduite jeudi prochain (18 juillet). Or, ces groupes sont aux antipodes sur ce sujet.
Si les socialistes et les Verts sont favorables au maintien de l’interdiction du moteur à combustion, le FDP s’y oppose fermement, bien qu’une majorité du groupe Renew ait voté en sa faveur.
Avant que la politique ne soit adoptée, le parti de Volker Wissing, qui fait partie de la coalition tripartite au pouvoir en Allemagne composée du Parti social-démocrate (SPD), du FDP, et de l’Alliance 90/Les Verts, a imposé des ajustements au texte, menaçant de refuser l’approbation du gouvernement allemand à la dernière minute.
Cette intervention du ministre des Transports en amont du vote de jeudi prochain accroît la pression exercée sur Mme von der Leyen de toutes parts, d’autant plus qu’elle a besoin de toutes les voix qu’elle peut obtenir pour assurer sa reconduction.
Le FDP était auparavant indécis quant au soutien à apporter ou non à Mme von der Leyen lors du vote de la semaine prochaine, a récemment confié une source du parti à Euractiv.