Silvio Berlusconi conclut un accord sur la réforme des retraites

Silvio Berlusconi, le premier ministre italien, est parvenu à un accord de dernière minute hier (25 octobre) sur la réforme des retraites dans son pays. Cette réforme était réclamée par l'UE en amont du sommet de crise d'aujourd'hui. Umberto Bossi, son principal partenaire de coalition, doute toutefois que le gouvernement y survive.

EURACTIV.com
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Silvio Berlusconi, le premier ministre italien, est parvenu à un accord de dernière minute hier (25 octobre) sur la réforme des retraites dans son pays. Cette réforme était réclamée par l'UE en amont du sommet de crise d'aujourd'hui. Umberto Bossi, son principal partenaire de coalition, doute toutefois que le gouvernement y survive.

Les problèmes de dette de l'Italie ont été au cœur des discussions du sommet de l'UE de dimanche dernier (voir « Contexte »).

La Commission européenne a particulièrement insisté sur le fait que l'Italie devait respecter ses engagements sur l'austérité, la réforme des retraites et la révision de son système judiciaire.

Les hommes du secteur privé et les fonctionnaires des deux sexes peuvent actuellement partir à la retraite à 65 ans, tandis que les femmes du secteur privé peuvent cesser de travailler à 60 ans. L'UE insiste sur le fait que l'âge de la retraite devrait être reculé à 67 ans.

Une réunion d'urgence du gouvernement a été organisée lundi soir pour aborder la question de la réforme des retraites. Aucun accord n'a toutefois pu être conclu, dans la mesure où la Ligue du Nord, le principal partenaire de coalition de Silvio Berlusconi, s’est opposée au recul de l'âge de la retraite. La presse a appris hier soir qu'un accord avait pu être trouvé, mais les détails de ce compromis n'ont toujours pas été révélés.

M. Bossi, le dirigeant de la Ligue du Nord, a déclaré qu'il reviendrait à l'UE de décider si ces réformes seraient suffisantes. Il a ajouté que son parti restait opposé au recul de l'âge de la retraite pour certaines tranches de la population.

A la question de savoir s'il restait des chances pour que le gouvernement survive à tous ces différends sur les réformes économiques exigées par l'UE, M. Bossi a répondu :  « Je reste pessimiste ».

Dans le même temps, M. Berlusconi a reçu le soutien inattendu du président du pays, Giorgio Napolitano, un homme de gauche, qui a fait allusion aux remarques ironiques prononcées par le président français, Nicolas Sarkozy, lors du sommet de dimanche. Il a affirmé que cette méfiance quant à l'engagement de l'Italie était inappropriée et déplaisante.

Pression par les pairs

La Commission européenne a tenté de minimiser l'affront fait à M. Berlusconi lors du sommet. Amadeu Altafaj, un porte-parole de l'exécutif européen, a déclaré qu'il s'agissait en fait de « pression par les pairs » et que les 27 gouvernements démocratiquement élus avaient décidé d'accroître leur surveillance mutuelle via l'utilisation de cet instrument.

« Nous devons nous y faire », a affirmé M. Altafaj.

Il a affirmé aujourd'hui (26 octobre) que la Commission souhaitait non seulement une réforme des retraites, mais également une mise en oeuvre rigoureuse des réformes structurelles pour la stimulation de la croissance, des mesures qui n'ont d'ailleurs pas encore été adoptées.

M. Altafaj a également soulevé la question du judiciaire.

« Nous parlons de réformes impliquant que les entreprises puissent compter, par exemple, sur une certitude juridique lorsqu'il s'agit de faire respecter des contrats ou sur des décisions de justice rendues en temps et en heure », a-t-il expliqué.

« Selon nous, l'Italie fera part de ses intentions aux présidents Barroso et Van Rompuy avant le Conseil européen d'aujourd'hui », a affirmé M. Altafaj.

A la question de savoir si la chute du gouvernement de M. Berlusconi aggraverait ou améliorerait la situation de l'Italie, le professeur James Walston, cité par Euronews, a répondu que le départ du dirigeant serait sans doute la meilleure alternative.

« L'Union européenne a été très claire dimanche et lundi : elle veut que l'Italie agisse immédiatement et ils devront le faire mercredi. Si M. Berlusconi part, il n'y aura pas d'action immédiate, mais une action sera envisageable, car il n'a rien fait, il n'en a pas fait suffisamment au cours de ces quatre derniers mois », a déclaré M. Walston, politologue à l'université américaine de Rome.