Silvio Berlusconi risque de perdre Milan

Le premier ministre de la coalition de centre-droit, Silvio Berlusconi, risque de perdre son fief milanais au Nord du pays au profit de la gauche pour la première fois en 18 ans, alors que les élections locales se terminent aujourd'hui (30 mai).

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Le premier ministre de la coalition de centre-droit, Silvio Berlusconi, risque de perdre son fief milanais au Nord du pays au profit de la gauche pour la première fois en 18 ans, alors que les élections locales se terminent aujourd'hui (30 mai).

Près de six millions d'Italiens peuvent voter aux élections municipales dans 90 villes et six provinces, mais tous les regards se tournent vers la capitale financière du pays, Milan, et vers le port austral de Naples.

Les résultats sont attendus après la fin du scrutin à 13 h.

M. Berlusconi s'est pris une claque lors du premier tour les 15 et 16 mai, dans la mesure où le centre-gauche a facilement conservé le pouvoir à Turin et à Bologne et a mis la pression sur le centre-droit à Naples et Milan, leurs fiefs de longue date.

Les enjeux sont énormes. Une défaite dans sa ville natale, Milan, serait un sérieux coup porté au premier ministre déjà affaibli par une série de scandales sexuels, des procès pour corruption et une économie stagnante.

La perte des élections intensifierait sans doute les divisions qui le séparent de son principal allié, la Ligue du Nord, et pourrait remettre en question son rôle de dirigeant du centre-droit.

Les résultats chocs du premier tour ont déjà fait naître des rumeurs selon lesquelles la dominance qu'exerce M. Berlusconi sur la politique italienne depuis deux décennies pourrait arriver à sa fin, même si le magnat des médias a déjà donné tort à ce genre de prévisions de nombreuses fois par le passé.

A Milan, la ville où M. Berlusconi a fait fortune et a lancé sa carrière politique, le maire sortant de centre-droit, Letizia Moratti, n'a remporté que 41,6 % des suffrages lors du premier tour contre le candidat de la gauche, Giuliano Pisapia, avec 48 %.

« J'espère que ce vote apportera du changement à Milan, une amélioration », a déclaré un vendeur de 53 ans, Bruno Pedrazzoli, après avoir voté à Milan à l'ouverture des bureaux de vote dimanche. Il s'est plaint de la pollution et du manque de transports publics dans la ville.

« Une ville islamique de gitans »

Les problèmes économiques comptent aussi pour les électeurs. L'Italie est l'une des économies les moins dynamiques de la zone euro depuis plus d'une décennie, avec plus de 25 % de chômage chez les jeunes et une population plus pauvre qu'il y a dix ans.

Le gouvernement de M. Berlusconi a été forcé le mois passé de revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour l'année de 1,3 à 1,1 % et de ramener les perspectives pour l'année prochaine de 2,0 à 1,3 %. Plus tôt ce mois-ci, l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé sa perspective pour l'Italie, car le pays n'avait pas réussi à réduire sa dette et à relancer sa croissance.

Après avoir été puni pour avoir d'abord qualifié l'élection de référendum sur sa popularité et ses politiques, M. Berlusconi a ensuite noyé les ondes de tirades contre ses ennemis de longue date : la gauche et les magistrats « communistes ».

Milan deviendra une « ville islamique de gitans » si la gauche gagne, a-t-il déclaré. Les électeurs de la gauche sont écervelés de toute façon, a-t-il dit, provoquant des parodies sur Internet et des poursuites entamées par un électeur offensé.  

Suite à son attaque contre les magistrats italiens devant un président américain visiblement perplexe lors du sommet du G8 à Deauville, la secrétaire d'Etat au développement, Daniela Melchiorre, une ancienne magistrate, à démissionné en signe de protestation.

EURACTIV avec Reuters

Article traduit de l'anglais par EURACTIV