Slovaquie : un gouvernement minoritaire se profile après l'ultimatum d'un parti de coalition
L’un des partis de la coalition au pouvoir, Liberté et Solidarité, a lancé un ultimatum au ministre des Finances, Igor Matovič (OĽaNO), au début de l’été : soit celui-ci démissionne avant la fin du mois d’août, soit Liberté et Solidarité quitte la coalition.
L’un des partis de la coalition au pouvoir, Liberté et Solidarité, a lancé un ultimatum au ministre des Finances, Igor Matovič (OĽaNO), au début de l’été. Soit celui-ci démissionne avant la fin du mois d’août, soit Liberté et Solidarité quitte la coalition, ce qui rend la chute du gouvernement plus probable que jamais alors que l’été touche à sa fin.
Après la victoire électorale écrasante de son parti en 2020, M. Matovič est parvenu à former une coalition pro-occidentale en promettant d’éradiquer la corruption et est ainsi devenu Premier ministre.
Un an seulement après le début de son mandat de quatre ans, la frénésie initiale se transforme en déception. Après une perte de popularité et des conflits continuels avec le ministre de l’Économie et leader de Liberté et Solidarité, Richard Sulík, M. Matovič a été contraint de démissionner et a échangé son poste avec Eduard Heger, alors ministre des Finances.
Le conflit entre MM. Matovič et Sulík ne s’est toutefois pas arrêté là. En effet, après que M. Matovič a réussi à faire passer son paquet controversé anti-inflation, « pro-famille » auprès des membres du Conseil national d’extrême droite à la fin du printemps, M. Sulík l’a accusé de « violation du processus législatif » et de « collaboration avec les fascistes. » S’en est suivi l’ultimatum.
Les négociations de l’été n’ont jusqu’à présent pas abouti. Le parti Liberté et Solidarité exige la démission de M. Matovič, tandis que le parti OĽaNO défend son leader et accuse M. Sulík de « chantage ». Les observateurs et certains membres du gouvernement et de la coalition estiment désormais qu’un gouvernement minoritaire semble probable. Les experts avertissent toutefois qu’un tel gouvernement aura une courte durée de vie dans le contexte actuel.
« S’il y a effectivement une coalition à trois avec un soutien minoritaire au Parlement, il y a très peu de chances que le gouvernement termine son mandat de quatre ans », a indiqué l’expert politique Tomáš Koziak.
Des élections anticipées favoriseraient probablement l’opposition, représentée par deux anciens Premiers ministres — Peter Pellegrini, leader du parti HLAS (Voix) et Robert Fico (SMER). M. Koziak ajoute que ces deux partis ont tout intérêt à organiser des élections le plus rapidement possible, car un grand nombre de leurs membres et de leurs candidats sont poursuivis ou font l’objet d’une enquête pour corruption au cours du mandat du SMER de 2012 à 2018.