Sofia et La Haye reportent leur rencontre

Les autorités bulgares ont annoncé que la visite du premier ministre néerlandais, Mark Rutte, prévue aujourd'hui (31 octobre), avait été reportée. Ce report sous-entend certaines frictions entre les deux pays, depuis que les Pays-Bas ont opposé leur veto à l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen.

EURACTIV.com
Mark Rutte Leader of Dutch liberal partySmall.jpg
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Les autorités bulgares ont annoncé que la visite du premier ministre néerlandais, Mark Rutte, prévue aujourd'hui (31 octobre), avait été reportée. Ce report sous-entend certaines frictions entre les deux pays, depuis que les Pays-Bas ont opposé leur veto à l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen.

La visite a été reportée car un débat sur le budget avait lieu le même jour au parlement bulgare, aurait déclaré Vessela Cherneva, la porte-parole du ministère bulgare des affaires étrangères, selon le partenaire d'EURACTIV à Sofia, Dnevnik.

Cette visite représentait un effort du gouvernement bulgare pour s'attirer les faveurs de M. Rutte, mais Mme Cherneva a déclaré que la situation actuelle entre Sofia et La Haye n'était pas idéale pour l'organisation d'une telle rencontre.

Ce genre de réunion entre dirigeants, qui se voient souvent lors de sommets européens, est censé envoyer un signal fort en faveur des relations bilatérales, a commenté Mme Cherneva. Les conditions n'y sont pas favorables pour l'instant selon elle, mais elle espère que la rencontre pourra avoir lieu avant la fin de l'année.

Le 22 septembre, les Pays-Bas, et la Finlande se sont opposés à l'entrée dans l'espace Schengen des deux derniers membres de l'UE, lors d'une réunion des ministres de l'intérieur.

La présidence polonaise de l'UE a insisté sur le fait que la Bulgarie et la Roumanie avaient rempli toutes les exigences techniques inhérentes à l'adhésion à Schengen, ce qui a d'ailleurs été confirmé par la Commission européenne. Mais La Haye préfère prendre en compte les progrès réalisés dans le cadre du fameux « mécanisme de coopération et de vérification », destiné à régler certaines questions sensibles dans les nouveaux Etats membres, notamment en termes de réformes judiciaires, de lutte contre la corruption et, dans le cas de la Bulgarie, de lutte contre le crime organisé (voir « Contexte »).

Un tableau pas si noir ?

Selon un porte-parole du premier ministre néerlandais contacté par EURACTIV, l'annulation de cette visite n'est pas aussi alarmante qu'elle n'y parait. Il a déclaré qu'il s'agissait d'une décision mutuelle prise la semaine dernière, et que les deux pays tenteraient de convenir d'une date pour que cette visite ait lieu « dans un avenir proche ». Une autre visite, en Roumanie, a également été annulée.

« Le désaccord à propos de Schengen n'est pas un secret, mais ce n'est pas la raison du report de cette rencontre », a affirmé le représentant officiel néerlandais.

Dans une résolution récente, le Parlement européen a déploré le veto opposé par les Pays-Bas et la Finlande, et certains eurodéputés ont accusé La Haye et Helsinki de verser dans le populisme.

Le président roumain, Traian Basescu, et le premier ministre bulgare, Boyko Borissov, auraient tenté, sans succès, d'aborder la question de l'adhésion à l'espace Schengen avec M. Rutte lors du sommet européen du 27 octobre. Selon certaines sources, l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie pourrait être remise sur la table lors du sommet européen de décembre, mais il est peu probable qu'une décision soit prise prochainement.

Selon les médias roumains, la ministre finlandaise de l'intérieur, Päivi Räsänen, aurait affirmé que son pays soutiendrait l'adhésion de la Roumanie à l'espace Schengen en mars 2012, sous réserve d'un « rapport positif » du mécanisme de coopération et de vérification.