Sommet de l’OTAN : les dirigeants omettent de mentionner l'adhésion de la Géorgie
Pour la première fois depuis 2008, le communiqué final de l’OTAN n’a pas fait référence à la future adhésion de la Géorgie, reflétant la récente détérioration des relations avec Tbilissi liée à l'adoption de la loi controversée sur les « agents étrangers ».
Pour la première fois depuis 2008, le communiqué final de l’OTAN de mercredi (10 juillet) n’a pas fait référence à la future adhésion de la Géorgie, reflétant la récente détérioration des relations entre Tbilissi et ses partenaires occidentaux liée à l’adoption de la loi controversée sur les « agents étrangers ».
L’année dernière, à Vilnius, les dirigeants de l’OTAN avaient réitéré la décision prise au sommet de Bucarest en 2008, selon laquelle « la Géorgie deviendra membre de l’Alliance, avec le plan d’action pour l’adhésion [Membership Action Plan, MAP] en tant que partie intégrante du processus ; nous réaffirmons tous les éléments de cette décision, ainsi que les décisions ultérieures ».
Néanmoins, la déclaration de cette année ne mentionne la Géorgie qu’une seule fois en référence à l’intégrité territoriale du pays, en lançant un « appel à la Russie pour qu’elle retire toutes ses forces de la République de Moldavie et de la Géorgie, qui y sont stationnées sans leur consentement ».
Plus important encore, alors que l’Ukraine a reçu le signal que son entrée dans l’organisation était « irréversible », la déclaration des dirigeants ne fait aucune référence à la future adhésion de la Géorgie à l’alliance militaire occidentale.
Elle ne mentionne pas non plus Tbilissi dans la section consacrée aux pays partenaires, aux côtés de la Moldavie ou de la Bosnie-Herzégovine, ni dans la section concernant la sécurité dans la mer Noire.
À Washington, le ministre géorgien des Affaires étrangères, Ilia Darchiashvili a rencontré, mardi (9 juillet), le représentant spécial du secrétaire général de l’OTAN pour le Caucase et l’Asie centrale, Javier Colomina, en marge du sommet, pour discuter des perspectives de la Géorgie.
Toutefois, alors que le ministère géorgien soulignait « les progrès de la Géorgie sur la voie de l’intégration euro-atlantique, y compris le renforcement des capacités de défense du pays », la déclaration de l’OTAN dépeint un tableau très différent.
Cette non-mention intervient alors que les responsables de l’OTAN ont exprimé à plusieurs reprises, dans le courant de l’année dernière, leurs inquiétudes quant au « niveau de mise en œuvre des réformes » en Géorgie, tout en réaffirmant que le pays restait « un partenaire fondamental de l’OTAN ».
En avril, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avait prévenu la Géorgie qu’elle « devrait travailler sur des réformes pour se rapprocher » de l’OTAN, ajoutant que l’UE avait été « très claire » quant à son opinion sur la « loi sur les agents étrangers ».
En effet, les relations entre l’Occident et la Géorgie se sont détériorées après l’adoption de cette loi controversée en mai.
Le mois dernier, l’UE a d’ailleurs limité ses contacts de haut niveau avec le pays et a envisagé de geler l’aide financière accordée au gouvernement dirigé par le parti Rêve géorgien après l’adoption de la loi à la fin du mois de mai.
Récemment, les États-Unis ont également critiqué la Géorgie et ont reporté indéfiniment des exercices militaires conjoints prévus précédemment.
Washington a cité les actions du gouvernement « incompatibles avec les valeurs occidentales » comme la principale raison du moratoire.
Les relations entre Tbilissi et Washington se sont encore détériorées après les récents commentaires du Premier ministre géorgien Irakli Kobakhidze selon lesquels les États-Unis s’efforçaient de renverser son gouvernement et d’utiliser la Géorgie pour ouvrir un « second front » contre la Russie.
[Édité par Anna Martino]