Sommet UE-Balkans : les dirigeants européens s’engagent à resserrer les liens avec la région
Le sommet UE-Balkans occidentaux est vu comme un signe que la région sera une priorité pour Bruxelles durant la nouvelle législature, même si cette rencontre, qui se tient à Bruxelles mercredi 18 décembre, ne devrait pas produire de résultats tangibles.
Le sommet UE-Balkans occidentaux est vu comme un signe que la région sera une priorité pour Bruxelles durant la nouvelle législature, même si cette rencontre, qui se tient à Bruxelles mercredi 18 décembre, ne devrait pas produire de résultats tangibles.
De nombreux diplomates européens ont perçu le dîner informel organisé début décembre par le président du Conseil européen, António Costa, et la Haute représentante de l’Union européene (UE) pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, avec les six dirigeants des Balkans occidentaux, comme une indication que la région serait une priorité pour la législature 2024-2029.
Le projet de déclaration du sommet UE-Balkans occidentaux — qui se tient à Bruxelles ce mercredi — élaboré par les dirigeants européens et leurs homologues d’Albanie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, du Monténégro, de Macédoine du Nord et de Serbie et consulté par Euractiv, ne fait cependant pas référence à de nouveaux éléments dans les relations avec la région.
Les fonctionnaires européens ont également insisté sur le fait que le sommet de mercredi avait pour but de mieux structurer la coopération avec la région compte tenu des enjeux géopolitiques actuels.
« Il est clair que l’alignement de la politique étrangère et de sécurité commune devient plus important », a reconnu un haut fonctionnaire de l’Union.
En début de semaine, sept États membres de l’UE ont plaidé en faveur d’un « programme clair pour une intégration progressive » et d’une intensification des contacts diplomatiques avec les Balkans occidentaux. À cet effet, des visites ministérielles et régionales plus fréquentes devraient être envisagées.
Un nouvel élan
Jeudi 19 décembre, au lendemain du sommet UE-Balkans occidentaux, se tiendra le dernier Conseil européen de 2024, au cours duquel les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’UE devraient approuver des conclusions concernant l’élargissement, si l’on en croit un projet de communiqué consulté par Euractiv.
« En s’appuyant sur le nouveau dynamisme du processus d’élargissement, et conformément à l’approche basée sur le mérite, l’Union et les candidats [à l’adhésion à l’UE] ont la responsabilité de tirer le meilleur parti de cette opportunité », devraient déclarer les dirigeants de l’UE dans les conclusions du sommet de jeudi.
En référence à une discussion sur la réforme interne de l’UE lors d’un précédent sommet à Grenade, ils devraient également souligner dans leurs conclusions l’importance continue de l’élargissement en tant qu’investissement géostratégique dans la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité.
Lenteur du processus d’adhésion
Le processus d’adhésion à l’Union européenne est divisé en plusieurs étapes. Une fois que la candidature d’un pays tiers a été approuvée à l’unanimité par les États membres, Bruxelles et le candidat débutent les négociations d’adhésion, durant lesquelles le pays se prépare à mettre en œuvre la législation et les normes de l’UE (acquis communautaire), notamment via des réformes.
L’étape des négociations est une étape cruciale au cours de laquelle 35 chapitres répartis en 6 groupes thématiques sont abordés. Après cette étape, l’adhésion effective peut avoir lieu.
L’ouverture et la clôture des chapitres d’adhésion requièrent l’unanimité des 27 États membres de l’UE. Or, ces dernières années, l’unanimité a été difficile à obtenir, ce qui a souvent retardé les progrès en matière d’élargissement.
Parmi les candidats des Balkans occidentaux, l’Albanie et le Monténégro semblent avoir les meilleures chances de rejoindre le bloc avant les autres pays de la région. Tirana et Podgorica ont par ailleurs toutes deux tenu des conférences intergouvernementales cette semaine.
Le Monténégro, actuellement le pays candidat le plus proche de l’adhésion effective, a ouvert des négociations sur 33 chapitres, bien qu’il n’ait réussi à en clôturer que trois.
Les États membres de l’UE se sont mis d’accord en octobre pour ouvrir les cinq premiers chapitres avec l’Albanie, qui depuis en a ouvert deux autres relatifs à la politique étrangère, à la sécurité et à la défense.
Il est fort probable que les premiers chapitres de la Moldavie et l’Ukraine s’ouvrent au cours du premier semestre 2025, ce qui marquerait le début de leurs processus respectifs de négociations.
Les diplomates de l’UE ont récemment fait savoir qu’ils percevaient des progrès en Serbie, la France, l’Italie et la Commission européenne suggérant que Belgrade était prête à procéder à l’intégration dans l’Union si les signaux adéquats étaient envoyés par les dirigeants du pays.
Mais malgré la volonté de la Hongrie d’aller de l’avant alors qu’elle occupe la présidence du Conseil de l’UE, la Serbie peine à s’aligner sur la politique étrangère de l’UE à l’égard de la Russie et inquiète en ce qui concerne l’État de droit.
Pour la Macédoine du Nord, les négociations resteront probablement bloquées en raison d’un manque de volonté politique concernant les changements à apporter à la constitution demandés par la Bulgarie. En Bosnie-Herzégovine, les progrès stagnent également en attendant que les réformes réclamées ne soient effectuées pour que les négociations d’adhésion puissent réellement commencer.
Selon les diplomates européens, la présidence polonaise du Conseil de l’UE au premier semestre 2025 devrait faire pression pour accélérer dans la mesure du possible l’ouverture et la fermeture des chapitres de négociation.
Repenser le processus ?
Alors que l’Ukraine — et peut-être la Moldavie — envisagent l’ouverture du groupe thématique des « fondamentaux » au cours du premier semestre 2025, probablement en avril ou en mai, les progrès réalisés dans les Balkans occidentaux pourraient être combinés à un marchandage visant à donner le feu vert aux prochaines étapes pour ces deux nouveaux candidats à l’adhésion.
L’une des questions clés qui se posera probablement au cours des prochains mois sera de savoir si le processus de négociation de l’UE est toujours adapté à la situation géopolitique actuelle, puisque certains États membres de l’UE ont utilisé ou menacé d’utiliser leur droit de veto à l’encontre de certains pays candidats.
La nouvelle commissaire à l’Élargissement, Marta Kos, s’est engagée à accélérer les processus d’adhésion des pays candidats dans la mesure du possible et à « contribuer à la réflexion sur la manière dont les procédures et les processus pourraient éventuellement être ajustés et accélérés pour certaines des étapes intermédiaires du processus d’élargissement ».
Bien que l’exigence de l’unanimité « soit pleinement justifiée », Marta Kos estime qu’il est nécessaire de « reconnaître que l’exigence d’unanimité pour chaque étape du processus peut ralentir les choses si ne serait-ce qu’un seul État membre s’y oppose ».
[Édité par Anna Martino]