Statut du Kosovo : Bernard Kouchner plaide pour l’unité de l’UE
Les relations franco-roumaines, mais surtout la question du statut du Kosovo, ont été au cœur des discussions, lors de la visite du ministre français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, en Roumanie. Ce dernier a rappelé l’importance d’une position européenne claire sur ce dossier.
Les relations franco-roumaines, mais surtout la question du statut du Kosovo, ont été au cœur des discussions, lors de la visite du ministre français des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, en Roumanie. Ce dernier a rappelé l’importance d’une position européenne claire sur ce dossier.
En bref :
Le statut du Kosovo
La question du statut du Kosovo a longuement été évoquée par les ministres des Affaires étrangères français et roumain, à l’occasion d’une visite officielle de Bernard Kouchner en Roumanie au début de la semaine.
« L’Europe n’évitera le piège du Kosovo que par son unité. C’est la seule solution, quelle que soit la réponse apportée par les Serbes comme par les Albanais aux problèmes posés par la Troïka (États-Unis, Russie, UE)», a déclaré Bernard Kouchner à cette occasion.
Le Français a également appelé la Roumanie à œuvrer activement au règlement du dossier de l’indépendance du Kosovo. « J’attends qu’avec son expérience, avec ses problèmes nationaux, la Roumanie puisse nous apporter des éléments de réponse dont nous tiendrons compte », a-t-il indiqué.
Le ministre français a aussi longuement insisté sur l’importance du rôle de l’Union européenne dans ce dossier : « Nos 27 pays vont se rencontrer, pour soutenir une position, non pas forcément celle de la Russie, (…) ou celle des États-Unis, qui ont l’air très déterminés. Il y aura une position européenne. Nous ne nous laisserons pas impressionner par les « lignes rouges » ».
Or l’unité de l’Europe dans ce dossier n’est pas acquise, comme l’expliquait à EURACTIV France le directeur de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), Thierry de Montbrial, dans une interview du 16 mai 2007. « Des divergences importantes existent au sein de l’Union européenne : certains pays comme la Hongrie ou la Slovaquie ont sur leur territoire des minorités; ces États craignent donc que l’indépendance de la province serbe ne crée un précédent. »
La pression des États-Unis, favorables à l’indépendance du Kosovo, contrairement aux Russes, aurait cependant réussi pour le moment à faire taire, au moins en surface, les oppositions de ces États européens.
Le ministre roumain des affaires étrangères, Adrian Cioroianu, à pour sa part déclaré que seule une « solution acceptée par tous » permettrait de résoudre ce problème. Bucarest s’oppose donc à toute décision « imposée » ou « unilatérale ».
Le statut définitif du Kosovo ne devrait être connu que le 10 décembre prochain (Lire le dossier Kosovo, le compromis impossible).
Relations franco-roumaines
Cette visite a aussi été l’occasion pour Bernard Kouchner de réaffirmer les liens forts qui unissent la Roumanie à la France : « Une longue et exigeante fraternité nous lie. Forgée dans les combats du XIXe siècle, écrite dans la communion des poètes ou dans celle des soldats de la Grande guerre, elle s’est manifestée à nouveau lorsque votre pays s’est libéré de la dictature ».
Il s’est aussi félicité de l’apparition depuis peu d’un « reflexe européen » de la part des pays membres de l’Union européenne dans la gestion des affaires étrangères, soulignant que la France et la Roumanie partageaient « une culture diplomatique commune tournée vers la paix et la sécurité ».
Le ministre français a enfin déclaré que la Roumanie avait un rôle à jouer dans le projet d’Union méditerranéenne et de partenariat privilégié avec la Turquie. Même si sur la question de l’adhésion de la Turquie, Bernard Kouchner a avoué ne pas être d’accord avec Nicolas Sarkozy.