Syrie : l’UE veut durcir le ton

Les ministres européens des Affaires étrangères reconnaissent que les initiatives prises jusque-là ont eu peu d’impact.

EURACTIV.com

Les ministres européens des Affaires étrangères reconnaissent que les initiatives prises jusque-là ont eu peu d’impact.

Les ministres des Affaires étrangères européens reviennent à la charge sur la Syrie. Réunis à Chypre le 8 septembre, ils ont chargé la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères Catherine Ashton d’élaborer des propositions pour le mois d’octobre.

L’accord intervient alors que la communauté internationale s’impatiente face à Bachar el-Assad qui s’accroche au pouvoir malgré 17 mois de soulèvement contre son régime. L’UE a déjà procédé à plusieurs vagues de sanctions parmi lesquelles un embargo, des interdictions de voyager et le gel des actifs d’une cinquantaine d’entreprises et de 150 individus.

De nouvelles pistes envisagées

“Nous devons aller plus loin dans [les sanctions contre] le secteur financier et les activités commerciales”, a déclaré le ministre belge Didier Reynders. Son homologue suédois Carl Bildt a cependant prévenu qu’il serait difficile de trouver des domaines de l’économie où les sanctions auraient un impact fort.

L’autre possibilité est de créer une zone tampon, à l’abri des attaques aériennes. La Commission européenne estime toutefois que ce serait impossible sans une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant une intervention.

Laurent Fabius a déclaré la semaine dernière que la France et la Turquie avaient identifié des zones au nord et au sud du pays échappant au contrôle de M. Assad et offrant aux communautés locales l’opportunité de se gouverner elles-mêmes sans devoir fuir vers les pays voisins. Les autres ministres européens n’ont pas souhaité lui apporter leur soutien pour l’instant.

Malgré le ressentiment à l’encontre de la Russie et de la Chine, qui ont empêché l’ONU d’exercer plus de pression sur la Syrie, les États s’accordent à dire qu’il est important de travailler avec Moscou.

Une aide européenne accentuée

« Les mesures à prendre sont à l’étude », a déclaré Catherine Ashton. L’UE renforcera également ses efforts pour aider les réfugiés et les autres victimes du conflit, a-t-elle ajouté. 

La commissaire en charge de la coopération internationale Kristalina Georgieva a annoncé que l’exécutif européen débloquerait 50 millions d’euros supplémentaires pour aider les citoyens syriens, ce qui porte l’aide de la Commission et des États à 200 millions d’euros. Le chiffre représente près de la moitié de la totalité de l’aide humanitaire internationale déboursée pour enrayer la crise.