Taux de croissance : qui dit mieux ?
Les prévisions de Paris et Bruxelles sont rarement identiques. Et pas forcément en adéquation avec la réalité.
Les prévisions de Paris et Bruxelles sont rarement identiques. Et pas forcément en adéquation avec la réalité.
Depuis plus d’une dizaine d’années, la Commission européenne publie tous les ans, à l’automne, des prévisions sur l’activité économique des Etats.
Une fois n’est pas coutume, la dernière annonce du commissaire Olli Rehn a provoqué une réaction rapide du ministre des Finances français et des remous dans la classe politique européenne.
Déficits : la Commission laisse la France tranquille…pour le moment
Ce changement de cap est lié aux décisions prises depuis trois ans pour renforcer la gouvernance économique européenne, au profit de l’exécutif bruxellois.
A l’automne 2012, le gouvernement français a bâti son budget avec une prévision de croissance de 0,8%. Au même moment, la Commission prévoyait seulement 0,4%, retombés à 0,1% le 22 février.
Pour mettre en perspective ces écarts, EURACTIV.fr a compilé les prévisions des gouvernements français, formulés lors du vote du budget chaque automne depuis 2000. Pour comparer ce qui est comparable, les données présentées par la Commission tous les ans à la même époque ont été retenues.
Les chiffres réels de la croissance ont été ajoutés au tableau.
Sur les 14 années observées, Paris a été plus optimiste que Bruxelles à dix reprises. Le facteur politique est à prendre en compte. La Commission européenne n’est pas responsable devant ses électeurs d’annoncer de mauvaises prévisions de croissance.
Toutefois, les écarts avec la réalité peuvent être importants dans les deux camps. Le cas le plus flagrant vise l’année 2008, personne n’ayant prévu la crise des subprimes et la récession qu’elle entrainerait.
Pour corriger l’écart entre la réalité et les prévisions, un gouvernement a toujours la possibilité de voter, en cours d’année, un budget rectificatif.
