Think tank : Les candidats des Balkans devraient bientôt obtenir le statut de candidat
D'ici fin 2011, sous la présidence polonaise de l'UE, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie et le Kosovo devraient tous recevoir le statut de pays candidat, préconise un document politique du Conseil européen des relations étrangères (ECFR).
D'ici fin 2011, sous la présidence polonaise de l'UE, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie et le Kosovo devraient tous recevoir le statut de pays candidat, préconise un document politique du Conseil européen des relations étrangères (ECFR).
Laisser les Balkans attendre indéfiniment une adhésion à l'UE comporte un risque important à la fois pour ces pays et pour l'UE, prévient le dernier rapport de l'ECFR, un think tank paneuropéen.
Les auteurs du document estiment qu'il existe un risque que l'actuelle crise économique se transforme en une crise plus large, obligeant l'UE à envoyer des diplomates et des soldats supplémentaires dans les Balkans pour gérer cette nouvelle phase d'instabilité.
Pour éviter un tel scénario, le document souligne un certain nombre d'initiatives qui devraient être prises pour garder la région sur le bon chemin en termes de réformes demandées par l'UE, sans que cela ne soit coûteux pour l'UE.
Le rapport de l'ECFR explique que l'UE devrait prendre pour modèle les efforts de libéralisation des visas, qui fixent des points de référence précis, motivent les autorités nationales et respectent les objectifs.
En décembre dernier, les exigences de visa ont été levées pour les citoyens serbes, macédoniens et monténégrins, et des progrès similaires sont attendus cet automne pour les ressortissants bosniaques et albanais.
Sur le même modèle, l'UE devrait envoyer des questionnaires – le premier pas avant de décider de conférer ou non le statut de candidat à un pays – à chacun des trois pays qui n'en ont pas encore reçu : la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et la Serbie, selon le document.
Le questionnaire permettrait de débuter le processus d'examen et d'introduire une note de réalisme absolument nécessaire à propos de ce que doivent faire les deux parties dans l'année à venir, explique le rapport.
Le Kosovo sur un chemin parallèle
Se référant au statut du Kosovo (voir "Contexte"), l'ECFR conseille à la Serbie de reconnaître les tampons des douaniers kosovars et d'arrêter de saper la coopération régionale en empêchant son ancienne province de participer aux initiatives régionales allant de l'énergie aux transports.
Pour ce qui est du Kosovo, l'UE devrait transformer son Processus de dialogue de stabilisation et d'association en un exercice de pré adhésion neutre, complet et au statut neutre, plaide le think tank. La notion de statut neutre en jargon diplomatique signifie que l'UE ne devrait pas s'impliquer dans la controverse liée au statut d'Etat du Kosovo.
Si la Serbie remet ses réponses au questionnaire avant la fin de l'année, la Commission préparera sa position pour 2011 en parallèle avec le processus d'examen. La Commission inviterait également le Kosovo à participer à un exercice d'examen conjoint afin de le garder sur un chemin parallèle.
Alors que la région est minée par des différends bilatéraux, l'ECFR propose la création d'un nouveau chapitre de négociation. Cela constituerait le seul endroit où discuter de telles questions, et elles n'auraient ainsi pas de répercussions sur les autres chapitres et bloqueraient les négociations.
Le rapport conseille à l'UE d'insérer une clause spéciale dans chaque traité d'adhésion à l'UE, en commençant par celui de la Croatie, pour empêcher que de nouveaux membres ne bloquent les négociations d'adhésion de pays en devenir.
D'ici fin 2011, sous la présidence polonaise de l'UE, tous les pays pourraient avoir achevé leur examen et être parvenus au statut de pays candidats, conclut le think tank.