TikTok Lite contraint de suspendre définitivement son programme de récompenses dans l'UE
La Commission européenne a annoncé lundi 5 août la mise en œuvre de mesures contraignantes à l’encontre de TikTok, qui ne peut plus lancer de programme de récompenses pour ses utilisateurs européens.
La Commission européenne a annoncé lundi 5 août la mise en œuvre de mesures contraignantes à l’encontre de TikTok, qui ne peut plus lancer de programme de récompenses pour ses utilisateurs européens.
Selon un communiqué de presse, la Commission a demandé à TikTok Lite de retirer définitivement son programme de récompenses au sein de l’UE et de ne pas lancer de programmes similaires susceptibles de créer une dépendance chez les utilisateurs.
TikTok et sa version « Lite » sont considérés comme faisant partie du même service désigné, a déclaré un fonctionnaire de la Commission lors d’une conférence de presse lundi. Une allusion aux Core platform services (CPS) en anglais, une définition juridique du Digital Markets Act (DMA). Concrètement, TikTok ne peut donc plus lancer de programmes de récompenses au sein de l’UE.
La Commission a rendu ces mesures contraignantes en raison des engagements pris par TikTok, clôturant ainsi l’une des deux enquêtes menées sur ByteDance, maison mère du réseau social. En avril, l’exécutif européen avait ouvert une procédure formelle concernant l’application TikTok Lite, invoquant une évaluation insuffisante des risques avant le lancement et les effets de dépendance potentiels du programme de récompenses.
Il s’agit de la première affaire classée en vertu du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), le règlement historique de l’UE sur la modération de contenus, en vigueur depuis le 17 février. TikTok fait toujours l’objet d’une enquête pour violation du DSA en matière de protection des enfants dans le cadre d’une autre procédure lancée en février.
TikTok Lite est une application conçue pour les régions où les débits Internet sont plus lents, et a été lancée en Espagne et en France en mars. Le mois suivant, la Commission a fait part de ses préoccupations concernant le mécanisme de récompense de l’application — « Task and Reward Program » — qui permet aux utilisateurs de gagner des points en regardant des vidéos et en « aimant » des contenus. Les récompenses comprennent des bons d’achat Amazon, des cartes-cadeaux PayPal et une monnaie intégrée à l’application appelée « Pièces TikTok ».
Fin avril, TikTok a suspendu « volontairement » les fonctionnalités de récompenses de TikTok Lite, quelques jours seulement après l’annonce de la Commission de l’ouverture d’une deuxième série de procédures formelles en vertu du DSA.
« TikTok est heureuse d’être parvenue à une résolution à l’amiable » et a retiré le programme de récompenses, a déclaré un porte-parole de l’entreprise à Euractiv.
La décision de lundi rend les engagements de TikTok juridiquement contraignants, ce qui implique que tout manquement entraînera des amendes au titre du DSA. Le communiqué de presse souligne que la Commission surveillera « attentivement » le respect des engagements pris par TikTok.
Les deux commissaires chargés de la procédure ont attiré l’attention sur les effets de dépendance du programme de récompenses dans leurs déclarations accompagnant cette annonce.
« La décision d’aujourd’hui envoie également un message clair à l’ensemble du secteur des réseaux sociaux », a affirmé Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence et vice-présidente exécutive chargée d’une Europe adaptée à l’ère numérique.
La Commission européenne et le Parlement ont tous deux indiqué qu’ils prendraient d’autres mesures pour limiter l’effet de dépendance des plateformes de réseaux sociaux.
En juillet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est engagée à lutter contre le cyberharcèlement et la dépendance lors d’un discours prononcé devant le Parlement européen avant sa réélection.
La pression pour une réglementation visant à freiner les designs addictifs des algorithmes des plateformes technologiques (Big Tech) devrait se poursuivre au cours du nouveau mandat, ont déclaré à Euractiv les eurodéputées Stephanie Yon-Courtin (Renew) et Kim van Sparrentak (Verts/ALE), à l’origine de l’initiative, en juin dernier.
[Édité par Anna Martino et Sarah N’tsia]]