Top jobs : les dirigeants de l'UE devraient approuver von der Leyen, Costa et Kallas, malgré les critiques
Les dirigeants de l’UE devraient nommer ce jeudi (27 juin) Ursula von der Leyen pour un second mandat dans le cadre d’un accord sur les emplois de haut niveau, ou « top jobs », malgré l'opposition de Giorgia Meloni.
Les dirigeants de l’UE devraient nommer ce jeudi (27 juin) Ursula von der Leyen pour un second mandat dans le cadre d’un accord sur les emplois de haut niveau, ou top jobs , malgré l’opposition de Giorgia Meloni.
Dans le cadre d’un « accord global » convenu par trois groupes politiques centristes pro-UE, l’ancien premier ministre portugais Antonio Costa prendrait la tête du Conseil européen et la Première ministre estonienne Kaja Kallas deviendrait la nouvelle responsable de la politique étrangère de l’UE.
Les trois principaux groupes politiques — le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, les Socialistes et Démocrates européens (S&D) et le parti libéral Renew — disposent actuellement de la majorité nécessaire pour faire approuver le paquet lors du sommet européen ce jeudi, après l’échec des négociations la semaine dernière.
Un accord rapide ?
À la veille du sommet européen, les diplomates de l’UE ont déclaré qu’ils ne s’attendaient pas à un changement de nom, et qu’ils comptaient sur un large consensus concernant la future structure institutionnelle de l’UE.
Ils ont également souligné que les six principaux négociateurs, dont la tactique a été critiquée au cours de la semaine écoulée, avaient eu suffisamment de temps pour consulter les dirigeants encore sceptiques.
« Des contacts sont actuellement en cours pour s’assurer que tous les dirigeants soutiennent ce projet », a déclaré un diplomate à Euractiv.
Il pourrait toutefois y avoir encore quelques résistances. La Première ministre italienne Giorgia Meloni et ses homogues hongrois Viktor Orbán et tchèque Petr Fiala sont insatisfaits de l’accord et de la manière dont il a été conclu : sans leur participation directe.
Sans Rome ?
Mme Meloni, en particulier, a dénoncé les négociations à huis clos menées par les trois principaux groupes politiques, excluant son groupe d’extrême droite, les Conservateurs et Réformistes européens (CRE), des discussions, malgré les gains significatifs obtenus lors des élections européennes de juin.
« Certains affirment que les citoyens ne sont pas assez sages pour prendre certaines décisions et que l’oligarchie est la seule forme acceptable de démocratie, mais je ne suis pas d’accord », a-t-elle déclaré aux législateurs italiens mercredi (26 juin).
Selon Mme Meloni, il est « surréaliste » que les candidats aux postes les plus importants de l’UE soient présentés « sans même faire semblant de discuter des signaux envoyés par les électeurs », ce qui inclut le fait que son groupe politique soit le troisième plus important au sein du Parlement européen, qui compte 720 sièges.
Un certain nombre de diplomates européens ont souligné qu’il serait « constructif » pour l’unité de l’UE que tous les dirigeants des 27 pays de l’UE soient d’accord avec la décision.
« Il ne s’agit pas d’exclure qui que ce soit, mais il y a une réalité politique qui émerge des élections européennes, qui est la confirmation de la coalition entre le PPE, S&D et Renew, une coalition à laquelle les CRE n’appartiennent pas », a expliqué un fonctionnaire de l’Élysée avant le sommet de jeudi.
Mme von der Leyen n’a toutefois pas besoin du soutien de tous les dirigeants de l’UE : elle peut être nommée grâce à une majorité qualifiée, et donc sans le soutien de Mme Meloni. Sa nomination devra ensuite être confirmé par le Parlement européen.
Aller à l’encontre de Rome, l’une des cinq principales capitales de l’UE, lors de ce sommet est considéré comme politiquement sensible. Mais la résistance a été perçue comme une tactique de négociation, plutôt que comme un rejet manifeste de l’accord.
« La semaine dernière, il a été convenu que les deux Premiers ministres des CRE [Mme Meloni et M. Fiala] verraient l’accord d’un bon œil, mais qu’ils exigeraient en échange un portefeuille important au sein de la prochaine Commission », a indiqué un diplomate de l’UE au fait des négociations.
Les deux dirigeants souhaiteraient obtenir un portefeuille économique important pour leur pays, Rome demandant également un titre de vice-président exécutif ou de vice-président pour les CRE, selon des personnes proches du dossier.
Agenda stratégique
Les dirigeants européens devraient également adopter le projet d’agenda stratégique de l’UE, un document d’orientation destiné à aider la prochaine Commission européenne à préparer son programme de travail pour les cinq prochaines années.
Une fois approuvé, le président désigné de la Commission européenne utilise généralement ce document pour rédiger les lettres de mission des futurs commissaires désignés.
Outre la défense, le projet de document, consulté par Euractiv, appelle à stimuler la compétitivité du bloc et à le préparer à l’élargissement.
Theo Bourgery-Gonse, Nick Alipour, Giada Santana, Thomas-Moller Nielsen et Alessia Peretti ont contribué à cet article.