TotalEnergies visé par une enquête pour « greenwashing »
Depuis décembre 2021, TotalEnergies est poursuivi devant le parquet financier de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour « pratiques commerciales trompeuses » menant à une atteinte à l’environnement, a révélé jeudi (26 janvier) le média d’enquête français, Médiapart.
Depuis décembre 2021, TotalEnergies est poursuivi devant le parquet financier de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour « pratiques commerciales trompeuses » menant à une atteinte à l’environnement, a révélé jeudi (26 janvier) le média d’enquête français, Médiapart.
Le pétrolier français est régulièrement accusé par ses détracteurs d’être à l’origine d’un certain nombre de dégâts causés à l’environnement. En revanche, jamais le groupe n’avait été poursuivi pour un délit qui pourrait être qualifié de « greenwashing », il s’agit donc d’« une première dans le domaine », assure Médiapart.
Le lancement de la procédure judiciaire fait suite à une plainte déposée en octobre 2020 par un groupement d’associations de défense de l’environnement (Wild Legal, Sea Sheperd France et Darwin Climax Coalitions) qui accusait la firme de dégradation de l’air.
Jeudi, le parquet de Nanterre a confirmé à Médiapart l’ouverture d’une enquête en décembre 2021.
Depuis sa première plainte, le collectif d’associations en aurait déposé une deuxième au printemps 2022 contre d’autres pratiques de l’entreprise qu’elles qualifieraient « d’écocide ». Mais le parquet de Nanterre ne s’est pas encore prononcé sur celle-ci.
Les recours en justices se multiplient
D’autres associations environnementales — Notre affaire à tous, Sherpa, ZEA, les Eco Maires et FNE — avaient également assigné la firme en justice en janvier 2020, demandant qu’il lui soit « ordonné de prendre les mesures nécessaires pour réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre », écrivait dans un communiqué de presse l’association de juriste Notre affaire à tous.
Des villes comme celles de New York et de Paris s’étaient jointes à l’appel.
Il s’agissait du premier contentieux climatique en France « visant à rehausser les ambitions climatiques d’une multinationale du pétrole », précisait l’association.
TotalEnergies est régulièrement accusée dans la presse pour ses activités pétro-gazières. Récemment, le groupe s’est retrouvé sous le feu des projecteurs pour son projet controversé EACOP de pipeline pétrolier en Afrique entre l’Ouganda et la Tanzanie.
Les parlementaires européens ont d’ailleurs adopté une résolution non contraignante contre ce projet en septembre 2022. Dans la foulée, le président ougandais, Yoweri Museveni, avait assuré que si TotalEnergies choisissait « d’écouter le Parlement européen, nous trouverons un autre partenaire avec qui travailler ».
Papa Amadou Sarr, directeur de la Mobilisation à l’Agence française de développement (AFD), précisait début octobre 2022 à EURACTIV France qu’en Afrique, « abandonner les énergies fossiles tout de suite n’est pas réaliste », compte tenu du besoin de développement économique du continent.
Dissimulation
Pour couronner le tout, la firme française et sa concurrente américaine, ExxonMobil, auraient été accusées par la revue Global Environmental Change d’avoir caché pendant des dizaines d’années les effets de leurs activités sur le réchauffement climatique.
Lors du Forum économique mondial de Davos la semaine dernière, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’en est fait le relais, déclarant que « certaines compagnies pétrolières ont propagé de grands mensonges ». En conséquence, « les responsables doivent rendre des comptes ».