Traité d'Aix-la-Chapelle : 14 projets et des critiques
La signature du traité d’Aix-la-Chapelle, mardi 22 janvier, a été suivi de l'annonce de projets concrets, conséquences du traité. Les pro-Européens soulignent le manque d'ambition du traité, alors que l'extrême-droite veut saisir le Conseil constitutionnel.
La signature du traité d’Aix-la-Chapelle, mardi 22 janvier, a été suivi de l’annonce de projets concrets, conséquences du traité. Les pro-Européens soulignent le manque d’ambition du traité, alors que l’extrême-droite veut saisir le Conseil constitutionnel.
Après les grandes paroles, les projets concrets. Ils sont au nombre de 14 selon une liste publiée dans la foulée de la signature.
Le premier porte sur une coopération au Conseil de sécurité de l’ONU : contrairement aux nombreuses fake news qui ont circulé sur le sujet, il n’est pas question que la France abandonne son siège à l’Allemagne, mais que les présidences du conseil de sécurité des deux pays qui se suivent fassent l’objet de coopération.
Culture
Parmi les initiatives concrètes marquantes, se trouve la création d’instituts culturels franco-allemands (à Rio, Palerme, Erbil et Bichkek), et de localisations communes d’instituts français et allemands, mais aussi le développement de programmes de mobilités (Ofaje).
En matière de médias, les deux pays ont confirmé la création d’une plateforme numérique franco-allemande, de contenus audiovisuels et d’information : les médias publics travaillent déjà sur le sujet, mais les deux pays attendent désormais des initiatives privées.
Transfrontalier
Localement, sur la zone transfrontalière, un fonds citoyen sera destiné à appuyer les initiatives citoyennes, et un comité de coopération transfrontalière sera chargé de régler les problèmes locaux. La question du futur de la zone du site nucléaire de Fessenheim fera l’objet d’une concertation, comme la question de la coopéraiton dans le ferroviaire.
Climat, espace, social et finance
Certains secteurs feront l’objet d’une attention spécifique : c’est le cas des enjeux de transition énergétique et de climat, mais aussi de la recherche en matière d’intelligence artificielle et de spatiale.
Enfin des groupes de travail seront crée sur les questions sociales et sur la finance durable.
Des éléments qui n’empêchent pas les critiques de fleurir après la signature d’un texte dont l’ambition a été revu à la baisse au fur et à mesure des discussions.
Pour Henrik Enderlein, directeur de la Hertie School à Berlin cité dans le Wirtschafts Woche, le traité « contient de déclarations d’intention assez vagues », et contrairement au traité de l’Elysée signé en 1963, ne sera pas un moment d’inflexion historique.
À droite, les critiques viennent plutôt de Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, vent debout contre le traité depuis plusieurs jours. La leader du Rassemblement national souhaite désormais saisir le Conseil constitutionnel sur le sujet, à l’instar du professeur de droit Olivier Gohin qui estime dans le quotidien Le Figaro que le traité d’Aix-la-Chapelle porte atteinte à la souveraineté nationale.