Transition écologique : l’Allemagne accorde 7,5 milliards d’euros pour sauver Siemens Energy

Siemens Energy, acteur clé de la transition énergétique, a réussi à obtenir du gouvernement allemand une garantie de 7,5 milliards d’euros dans le cadre d’un plan de sauvetage de 15 milliards d’euros.

Euractiv.com
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Après des semaines de négociations, il a été décidé que Berlin apportera 7,5 milliards d’euros de garantie dans le cadre du plan de sauvetage de Siemens Energy. [EPA-EFE/HANNIBAL HANSCHKE]

Siemens Energy, acteur clé de la transition énergétique, a réussi à obtenir du gouvernement allemand une garantie de 7,5 milliards d’euros dans le cadre d’un plan de sauvetage de 15 milliards.

Depuis août, les difficultés ont commencé à se faire sentir du côté de Siemens Energy. L’entreprise a reconnu que son fabricant de turbines éoliennes enregistrait des pertes importantes, mais a déclaré qu’elle était en mesure de les absorber. Quelques semaines plus tard, les médias rapportaient que l’entreprise avait demandé de l’aide au gouvernement allemand.

« On sait que Siemens Energy a un problème », a déclaré Robert Habeck, ministre allemand de l’Économie et de l’Action climatique, mardi (14 novembre). L’entreprise, qui est « en bonne santé », a été mise à mal par le rachat de l’entreprise espagnole Gamesa et ses pales de turbine défectueuses, a ajouté M. Habeck.

Cependant, les banques ne sont pas de cet avis et ont refusé de prêter à l’entreprise les 15 milliards d’euros qu’elle demandait.

Après des semaines de négociations, il a été décidé que Berlin apportera 7,5 milliards d’euros de garantie. Un consortium de banques privées couvrira pour sa part 3,5 milliards d’euros de garanties.

La société mère Siemens, premier actionnaire de Siemens Energy avec une participation 25 %, fournira des garanties à hauteur de 1 milliard d’euros, mais elle est la première à subir une perte en prenant une « première tranche de perte ».

Selon le gouvernement, 3 milliards d’euros supplémentaires seront obtenus auprès d’« autres acteurs ». Il pourrait s’agir d’autres États membres de l’UE où Siemens Energy emploie un grand nombre de personnes, comme l’Espagne ou le Danemark.

Tant que l’entreprise dépendra du soutien de l’État, il lui sera interdit de distribuer des dividendes et des primes à ses cadres supérieurs.

Un acteur central de la transition écologique

Dans un communiqué, le gouvernement allemand a décrit l’entreprise comme « l’un des leaders mondiaux des technologies de l’énergie », qui est « hautement pertinent pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la fourniture de systèmes énergétiques ».

Bien que des pales d’éoliennes défectueuses aient entraîné une chute de l’entreprise, celle-ci reste un acteur clé pour assurer la position de l’Europe sur les marchés mondiaux de l’éolien. « À elle seule, Siemens Energy a des commandes d’une valeur totale d’environ 110 milliards d’euros en cours d’exécution », a souligné le gouvernement.

Le fait que l’entreprise ait inauguré, la semaine précédente, une giga-usine pour la fabrication de modules d’électrolyseurs dans le centre de Berlin a peut-être joué en sa faveur dans cette affaire. En effet, le gouvernement a insisté sur le fait que Siemens Energy est un « employeur important dans les industries d’avenir, avec environ 26 000 employés en Allemagne », a ajouté le gouvernement.

En outre, Siemens Energy est en position de leader technologique dans un autre secteur crucial, puisqu’elle fait partie des quelques acteurs mondiaux capables de produire des appareillages de commutation haute tension, des sortes de disjoncteurs écologiques, qui seront essentiels à la décarbonation de l’infrastructure du réseau européen.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]