Trichet met en garde contre une hausse de l’inflation à long terme
Le président de la Banque centrale européenne a rappelé que le taux d’inflation à moyen-long terme devait se maintenir sous la barre des 2%.
Le président de la Banque centrale européenne a rappelé que le taux d’inflation à moyen-long terme devait se maintenir sous la barre des 2%.
Des politiques économiques inappropriées, en creusant les écarts de compétitivité, entraînent des taux d’inflation durablement supérieurs à l’objectif de stabilité des prix, a déclaré, lundi 29 mars, dans un discours prononcé à Paris, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.
Cette dernière pourrait relever ses taux d’intérêt début avril pour la première fois en près de trois ans. L’inflation dans la zone euro a atteint 2,4% en février, dépassant le seuil de 2% sous lequel la BCE entend la contenir.
« Les principaux symptômes de tels écarts sont en général de substantielles accumulations de divergences entre indicateurs de compétitivité en termes de prix et de coûts, et ceci entraîne notamment des taux d’inflation se maintenant durablement au dessus de la définition commune de la stabilité des prix dans la zone euro », a expliqué Jean-Claude Trichet.
Maintenir l’inflation sous les 2%
Des écarts entre les taux d’inflation des pays de la zone sont parfois parfaitement justifiés, quand ils sont temporaires et accompagnent un réajustement des niveaux de développement économique. Mais, « dans le moyen-long terme un taux d’inflation légèrement inférieur à 2% doit être la référence au niveau national également », a indiqué le président de la BCE.
« Les coûts unitaires de main-d’oeuvre et, par conséquent, les évolutions des rémunérations compte tenu des progrès de la productivité du travail (…) doivent permettre la réalisation de cette inflation moyenne, à moyen terme, sauf à prendre le risque d’une perte de compétitivité et donc d’une augmentation relative du chômage par rapport à l’ensemble de la zone euro », a-t-il ajouté.
Selon le président de la BCE, de nombreuses données suggèrent que l’effet de rattrapage lié aux différences de développement entre les pays de la zone a été surévalué pour expliquer les écarts d’inflation.
« Dans certains cas, ces différences n’ont pas découlé d’effets de rattrapage mais ont tenu largement à des politiques macroéconomiques inappropriées et à des phases d’expansion excessive de la demande intérieure financées par l’endettement », a-t-il dit.
Comme Jean-Claude Trichet, plusieurs dirigeants de la BCE ont laissé entendre ces dernières semaines que l’institut d’émission pourrait durcir sa politique monétaire dès sa prochaine réunion, le 7 avril, pour éviter des « effets de second tour » de la poussée inflationniste des derniers mois, c’est-à-dire entre autres des répercussions sur les salaires.
Le mois dernier, Jean-Claude Trichet avait déclaré qu’augmenter les salaires en réaction à la poussée inflationniste actuelle serait « la dernière des bêtises à faire ».