Triomphe des nationalistes flamands en Belgique

Le N-VA, parti nationaliste, s'est assuré une large victoire dans la région néerlandophone de Belgique lors des élections nationales qui ont eu lieu dimanche (13 juin), ouvrant la voie à davantage de transferts de compétences aux régions dans le pays qui héberge les institutions européennes.

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Le N-VA, parti nationaliste, s'est assuré une large victoire dans la région néerlandophone de Belgique lors des élections nationales qui ont eu lieu dimanche (13 juin), ouvrant la voie à davantage de transferts de compétences aux régions dans le pays qui héberge les institutions européennes.

La nouvelle alliance flamande (N-VA) et son dirigeant Bart de Wever ont célébré leur victoire électorale historique, remportant environ 30 % des votes dans le nord, partie néerlandophone du pays, devançant largement le parti démocrate chrétien au pouvoir.

Le succès des nationalistes flamands a été accompagné d'une victoire écrasante des socialistes en Wallonie, partie francophone du pays. Les deux parties devraient désormais démarrer les discussions pour former un gouvernement de coalition.

D'après les estimations du ministère de l'intérieur, le N-VA aura 27 sièges à la chambre basse du parlement, soit un de plus que les socialistes francophones (Parti socialiste; PS).

Mais, avec les socialistes flamands, le PS représente la plus grande famille politique au parlement, ce qui veut dire que le dirigeant du PS Elio Di Rupo pourrait devenir le prochain premier ministre.

En raison de la nature complexe de la politique belge, les discussions de coalition durent en général des mois. Le gouvernement devrait probablement entrer en fonction en septembre.

Appel à un renforcement du régionalisme

Le victoire de M. de Wever dans le nord, partie riche du pays, est communément perçue comme un signe d'exaspération de la part des Flamands, qui appellent à un renforcement des pouvoirs des régions depuis des années – des demandes qui jusqu'ici ont toujours été rejetées par les partis francophones.

En Wallonie, qui est une région plus pauvre, les transferts financiers de la Flandre sont considérés comme primordiaux pour maintenir l'unité et la solidarité du pays.

Le futur de la capitale est au centre des désaccords en Belgique. Bruxelles, qui est dominée par les francophones, bénéficie du statut de ville bilingue bien qu'elle soit géographiquement située en Flandres.

Célébrant sa victoire dimanche, M. de Wever a clairement remis la réforme de l'Etat belge sur le tapis. Nous écrivons l'histoire ici, a-t-il affirmé. Pour ceux qui ont de la volonté, rien n'est impossible.

M. de Wever a ensuite cherché à rassurer la communauté francophone qui craint que sa victoire ne marque une étape supplémentaire vers le confédéralisme et puisse conduire à une séparation du pays.

Ce n'est pas la fin du pays, c'est une évolution, a dit M. de Wever. Le pays se divise lui-même en deux démocraties complètes.

Cependant, M. de Wever ne pourra pas se tenir à son agenda sans avoir trouvé un compromis avec les autres partis, dans le nord comme dans le sud du pays. 70 % des électeurs flamands n'ont pas voté pour nous, a rappelé M. de Wever à ses sympathisants dimanche.

Nous devrons construire des ponts. Et nous espérons que tout le monde sera capable de prendre ses responsabilités.

Je tends ma main aux francophones. Personne n'a intérêt à bloquer le pays. Nous devons oser aller plus loin.

Bart de Wever a fait son discours devant une représentation géante du drapeau européen avec des étoiles jaunes sur fond bleu, ce qui visait apparemment à réassurer les partenaires européens de la Belgique sur le maintien de la réputation pro-européenne de la Belgique.

Mais l'imagination nationaliste était subtilement représentée par l'une des étoiles jaunes, qui sont supposées représenter les Etats membres de l'UE, qui était remplacée par un lion jaune, le symbole national de la Flandre.

Les socialistes détiendraient la clé

Dans la partie wallonne francophone, les socialistes ont également célébré leur victoire, observant leur réussite spectaculaire. Notre responsabilité est proportionnelle aux résultats : considérable, a dit le dirigeant socialiste wallon Elio di Rupo dans un court texte publié sur Twitter.

J'espère que les femmes et les hommes qui seront appelés à négocier et à former un gouvernement pour notre pays montreront rapidement une volonté sincère de parvenir à un compromis équilibré.

Avec les socialistes flamands, le PS (parti socialiste) pourrait former le groupe le plus large au Parlement, ce qui voudrait dire que le dirigeant du PS M. di Rupo pourrait devenir le prochain premier ministre. Ce soir, après 20 ans, les socialistes sont redevenus la première famille politique de la Belgique, a affirmé M. di Rupo. 

Cette initiative pourrait convenir à M. di Rupo, qui pourrait être tenté de proposer une alliance avec ses collègues socialistes dans le nord dans le but de prendre la place de premier ministre.

M di Rupo pourrait également trouvé un allié improbable en la personne de Bart de Wever, qui a dit durant la campagne être ouvert à l'éventualité de M. di Rupo comme premier ministre. M; de Wever ne tient pas particulièrement à devenir premier ministre car son parti est profondément régionaliste et ne croit pas en une Belgique fédérale.

L'avenir de Bruxelles pèse dans la balance

Pour compliquer encore le problème, le MR, parti réformateur libéral, qui a adopté une position intransigeante sur la défense des droits des francophones, a maintenu sa première place à Bruxelles, plantant le décor pour un clash avec les nationalistes flamands.

Dans certaines municipalités autour de Bruxelles, la population francophone bénéficie de privilèges particuliers, comme le fait de pouvoir recevoir les documents administratifs dans leur langue maternelle. Une situation qui exaspère une partie de la population flamande.

La prochaine étape sera la nomination par le roi d'un "indicateur" qui sera chargé de sonder les dirigeants de partis politiques et d'identifier un candidat premier ministrable pour mener les discussions de coalition.