Triste record pour les émissions mondiales de CO2
En 2010, les émissions de CO2 ont atteint un niveau record, selon l’Agence internationale de l’énergie. De quoi remettre en cause la perspective de limiter à 2°C le réchauffement climatique d’ici 2100.
En 2010, les émissions de CO2 ont atteint un niveau record, selon l’Agence internationale de l’énergie. De quoi remettre en cause la perspective de limiter à 2°C le réchauffement climatique d’ici 2100.
Les émissions de CO2 ont atteint leur plus haut niveau en 2010, selon les dernières estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publiées lundi 30 mai.
Après une réduction en 2009, en raison de la crise financière mondiale, les émissions de CO2 ont de nouveau grimpé à 30,6 Gigatonnes (Gt), soit 5% de plus par rapport au précédent record de 29,3 Gt, en 2008.
« De surcroit, 80% des émissions du secteur de l’énergie prévues pour 2020 sont d’ores et déjà programmées puisqu’elles sont censées provenir d’usines en activité ou en construction », indique l’AIE.
Un sérieux revers
Selon le chef économiste de l’Agence Fatih Birol, ces données constituent un « sérieux revers », dans l’espoir de limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle.
L’agence estime à 44% les émissions provenant du charbon, 36% pour le pétrole et 20% pour le gaz naturel.
Les pays de l’OCDE représentent 40% des émissions globales, mais ne sont responsables que de 25% de la croissance des émissions depuis 2009.
En revanche, certains États qui ne font pas partie de l’OCDE, comme la Chine et l’Inde, ont vu leurs émissions s’accroître bien plus fortement à cause de leur croissance économique.
Mais leurs résultats par habitant sont bien moins importants. Ils s’élèvent à 5,8 tonnes pour la Chine et 1,5 tonnes pour l’Inde, contre 10 tonnes par habitant et par an pour les pays de l’OCDE.
L’exemple européen
La commissaire européenne chargée du Climat, Connie Hedegaard, a déclaré que les promesses des chefs d’États et de gouvernement lors des sommets climatiques devaient être suivies de « plus d’actions ».
Elle a également mis en avant l’exemple européen. « Nous avons des politiques spécifiques, des objectifs contraignants et un prix pour le carbone. L’Europe a mis en oeuvre un calendrier ambitieux pour l’action climatique. Nous attendons de nos partenaires qu’ils fassent de même », a-t-elle conclu dans un communiqué de presse daté du 30 mai.