UE : feu vert à un prêt de 35 milliards d’euros à Kiev financé par les avoirs russes gelés

Les ambassadeurs des 27 pays de l’UE ont annoncé mercredi 9 octobre avoir donné leur accord à un prêt pouvant aller jusqu’à 35 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, financé par les profits exceptionnels dégagés par les avoirs russes gelés en Europe.

EURACTIV France avec AFP
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Les ambassadeurs du Conseil de l’UE, l’instance représentant les États membres, ont « trouvé un accord sur une assistance financière à l’Ukraine », selon un communiqué. [Shutterstock/artjazz]

Les ambassadeurs des 27 pays de l’Union européenne (UE) ont annoncé mercredi 9 octobre avoir donné leur accord à un prêt pouvant aller jusqu’à 35 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, financé par les profits exceptionnels dégagés par les avoirs russes gelés en Europe.

Les ambassadeurs du Conseil de l’UE, l’instance représentant les États membres, ont « trouvé un accord sur une assistance financière à l’Ukraine », selon un communiqué.

Celle-ci prévoit un prêt d’un montant pouvant atteindre les 35 milliards d’euros qui devra encore être approuvé par le Parlement européen avant un accord final du Conseil. Mais, les États membres ont choisi une procédure accélérée qui devrait permettre des premiers versements dès le début 2025, d’après le Conseil.

Plus de 200 milliards d’euros d’avoirs russes ont été gelés dans l’UE après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, dont environ 90 % se trouvent en Belgique, siège de l’organisme international de dépôts de fonds Euroclear.

Les États membres avaient trouvé un accord en mai pour utiliser les intérêts produits par ces avoirs gelés de la banque centrale russe. Quelque 1,5 milliard d’euros ont déjà été versés à l’Ukraine en juillet.

Ces avoirs sont censés dégager entre 2,5 et 3 milliards d’euros par an, afin d’aider à armer l’Ukraine et de financer sa reconstruction d’après-guerre.

Les pays du G7 se sont ensuite mis d’accord pour un prêt global allant jusqu’à 50 milliards de dollars, soit quelque 45 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, financé par les intérêts produits par ces avoirs russes gelés.

La décision est toutefois difficile à mettre en œuvre en raison des garanties demandées par les États-Unis. Washington souhaite s’assurer que le gel des avoirs russes se fasse dans la durée pour éviter toute rupture de financement.

En effet, ce gel dépend d’un régime de sanctions que les Vingt-Sept doivent renouveler tous les six mois à l’unanimité. La Commission a donc proposé que le renouvellement des sanctions, portant sur le gel des avoirs de la Banque centrale de Russie, se fasse désormais tous les trois ans.

Cette décision, qui nécessite l’unanimité des États membres également, est toutefois bloquée en raison de l’opposition de la Hongrie, a-t-on expliqué de source diplomatique.

Les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et le Japon, doivent encore décider à quelle hauteur ils comptent participer à ce prêt de 45 milliards d’euros, décidé dans le cadre du G7.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui avait annoncé depuis Kiev le 20 septembre l’octroi de ce prêt par l’UE, s’était alors dite « absolument confiante » quant à leur participation.

Celle-ci est importante car l’UE abaissera sa contribution de 35 milliards d’euros, si le montant du prêt total devait dépasser les 45 milliards d’euros, en prenant en compte les engagements futurs des autres pays du G7.