UE-Mercosur : l’Allemagne appelle à une conclusion rapide des négociations

Le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé mercredi à conclure rapidement un accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur sur le libre échange, dont les négociations patinent en raison de l’opposition de certains pays européens.

EURACTIV France avec AFP
Belgian Farmers Block Rue De La Loi In Brussels With Tractor Convoy
À la suite de menaces de manifestations en février 2024, le gouvernement bulgare a promis plus de 160 millions d’euros aux agriculteurs. Ces derniers ont mis en garde contre le risque de faillites massives en raison des importations de produits beaucoup moins chers en provenance d’Ukraine.  [Photo by Thierry Monasse/Getty Images]

Le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé mercredi 2 octobre à conclure rapidement un accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur sur le libre échange, dont les négociations patinent en raison de l’opposition de certains pays européens.

« Les négociations avec le Mercosur devraient être rapidement conclues », a déclaré le chancelier dans un discours prononcé à Berlin devant la fédération allemande du commerce de gros (BGA).

La grande majorité des États membres de l’UE comme l’Italie et l’Espagne « soutiennent également cet accord sur le plan politique », a rappelé Olaf Scholz, quand d’autres sont farouchement opposés à sa mouture actuelle, la France en particulier.

Le sujet devait être évoqué lors d’une rencontre mercredi à Berlin entre le chancelier et le président français Emmanuel Macron, centrée notamment sur les sujets internationaux.

« Pour les derniers mètres des négociations, nous avons besoin de pragmatisme et de flexibilité de la part de tous, car l’accord avec le Mercosur est essentiel pour la diversification et le renforcement de la résilience de notre économie », a plaidé le chancelier à la tête d’un pays dont le succès a été bâti sur la force de son commerce extérieur.

L’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Bolivie) négocient depuis plus de vingt ans un accord visant à créer une zone de libre-échange, en supprimant la majorité des droits de douane entre les deux zones au sein d’un espace de plus de 700 millions de consommateurs.

Un accord politique avait été conclu en 2019, mais l’opposition de la France notamment a bloqué l’adoption définitive, opposition qui s’est renforcée avec la crise agricole qui sévit en Europe.

L’accord UE-Mercosur « tel qu’il est aujourd’hui négocié est un très mauvais accord » pour tous, déclarait en mars le président Emmanuel Macron au Brésil. Il réclame en particulier des « clauses miroirs » entre les deux régions pour protéger l’agriculture française notamment.

Poids lourd du Mercosur, le Brésil défend sans relâche l’adoption de l’accord avec l’UE.