Ukraine : le temps de la médiation
La Cour suprême ukrainienne vient de suspendre la publication officielle des résultats de l'élection présidentielle du 21 novembre. Par ailleurs, plusieurs médiateurs internationaux se rendent à Kiev pour essayer de trouver une issue pacifique à la crise.
La Cour suprême ukrainienne vient de suspendre la
publication officielle des résultats de
l’élection présidentielle du 21 novembre. Par
ailleurs, plusieurs médiateurs internationaux se rendent
à Kiev pour essayer de trouver une issue pacifique
à la crise.
Alors que le face-à-face entre les
deux prétendants à l’investiture
suprême devenait de plus en plus tendu, jeudi 25
novembre, la Cour suprême ukrainienne a suspendu
la proclamation officielle des résultats du
scrutin de dimanche dernier jusqu’à ce
que le recours introduit par Viktor Iouchtchenko et ses
partisans ait pu être examiné. La Cour
suprême doit entendre M. Iouchtchenko lundi 29
novembre. Cette décision de la plus haute juridiction
du pays repousse l’entrée en fonctions du
vainqueur proclamé des élections, Viktor
Ianoukovitch, le président sortant Leonid Koutchma
demeurant pour l’instant au pouvoir.
M. Iouchtchenko s’est présenté comme le
réel vainqueur du scrutin de dimanche, et a
appelé à « la grève politique
l’ensemble des Ukrainiens ». Aucun
élément ne semblait cependant annoncer le
déclenchement d’une grève
générale.
La communauté internationale a
également entrepris plusieurs tentatives de
médiation, jeudi 25 novembre. L’ancien
président polonais Lech Walesa est déjà
arrivé à Kiev, tandis que son successeur
Aleksander Kwasniewski, ainsi que Jan Kubis,
secrétaire général de l’Organisation
pour la Sécurité et la Coopération en Europe
(OSCE), et le chef de la diplomatie européenne Javier
Solana sont attendus dans la capitale ukrainienne ce
vendredi. « Tout va dans la bonne direction », a
déclaré Walesa à l’issue de ses
entretiens avec les deux rivaux pour la fonction
présidentielle. Solana doit rencontrer l’ensemble
des parties en présence pour tenter de parvenir à
une « solution diplomatique
négociée ».
Lors du sommet UE-Russie organisé à La Haye,
le président russe Vladimir Poutine et les dirigeants
européens ont exprimé des vues radicalement
opposées sur la situation en Ukraine, tout en se
rejoignant sur l’idée que la crise devait
être résolue par des moyens pacifiques.
« Nous n’avons pas le droit moral de pousser un
grand Etat européen dans un désordre de grande
ampleur », a déclaré Poutine, avant
d’estimer qu’il revenait aux tribunaux ukrainiens
de résoudre le différend entre les deux camps en
présence à Kiev. Martelant que la victoire de
Ianoukovitch était « parfaitement claire »,
Poutine a encore ajouté : « Je ne pense pas que
nous ayons le droit d’intervenir de quelque façon
que ce soit dans le processus électoral, ou
d’imposer notre volonté au peuple
ukrainien ».
Le premier ministre néerlandais Jan Peter
Balkenende a de son côté affirmé que le
scrutin présidentiel ukrainien n’avait « pas
respecté les standards internationaux » et que
l’UE « ne [pouvait] donc accepter les
résultats des élections ». « Il ne
s’agit pas là d’une ingérence dans les
affaires intérieures d’un autre Etat ; il
s’agit de s’assurer du bon respect des règles
de la démocratie », a dit M. Balkenende au sujet
de la position adoptée par l’Union
européenne.
Poutine et Balkenende ont déclaré qu’ils
avaient effectué des « progrès
significatifs » dans la perspective d’une
redéfinition des relations russo-européennes sur
la base de quatre « espaces communs » –
économie ; liberté, sécurité et justice
; sécurité extérieure ; éducation et
science. Selon l’objectif fixé par les deux
parties, les accords en lien avec ces différents
dossiers devront être conclus avant le prochain sommet
UE-Russie, organisé à Moscou en mai
2005.