Ukraine-Russie : les dirigeants européens se réunissent pour répondre à Moscou
L’UE tiendra un sommet d’urgence à Bruxelles jeudi 24 février dans la soirée afin de répondre à l’« opération militaire spéciale » autorisée par le Président russe Vladimir Poutine dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, qui a eu lieu très tôt ce matin (heure locale).
**Cet article a été mis à jour après les frappes russes sur l’Ukraine qui ont eu lieu tôt jeudi matin et sera régulièrement mis à jour au cours de la journée.
L’UE doit organiser un sommet d’urgence à Bruxelles jeudi 24 février dans la soirée afin de répondre à l’« opération militaire spéciale » autorisée par le Président russe Vladimir Poutine dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, qui a eu lieu très tôt ce matin (heure locale).
Dans un communiqué paru jeudi matin, le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré que l’UE adopterait « rapidement » de nouvelles sanctions contre la Russie à la suite de sa décision d’envahir totalement l’Ukraine.
Les dirigeants européens discuteront de ces nouvelles mesures lors d’un sommet réuni en urgence qui se tiendra en présentiel jeudi soir, à 20 heures (HEC), à Bruxelles.
Selon des sources européennes, l’idée de ce sommet en présentiel était de discuter plus en détail de la crise. Il a été précisé qu’aucun appareil électronique ne sera autorisé dans la salle de réunion.
Charles Michel a indiqué dans un communiqué que les mesures punitives « entraîneront des conséquences massives et sévères pour la Russie », précisant que cela se fera « en étroite coordination avec nos partenaires transatlantiques ».
« Nous déplorons les pertes humaines et les souffrances humanitaires », a ajouté M. Michel.
« L’Union européenne et ses États membres sont prêts à apporter une réponse humanitaire d’urgence. Nous appelons la Russie et les forces armées soutenues par Moscou à respecter le droit humanitaire international », a-t-il poursuivi.
Les ambassadeurs du bloc devaient se réunir à 9 heures (HEC) ce matin pour discuter des prochaines étapes en ce qui concerne les sanctions contre la Russie et préparer le sommet spécial de l’UE qui se tiendra dans la soirée.
Les sanctions à venir
S’exprimant à Bruxelles en prévision des réunions, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé que la prochaine étape du paquet de sanctions « massives et sans précédent » de l’UE à l’encontre de la Russie sera présentée aux États membres dans le courant de la journée.
Selon elle, les propositions de sanctions comprennent l’interdiction de l’accès des banques russes aux marchés de capitaux de l’UE, le blocage de l’accès aux technologies clés et l’affaiblissement de la position économique du pays.
L’Union européenne avait précédemment déclaré qu’elle gardait en réserve des sanctions plus sévères en cas d’invasion par les forces russes au-delà du territoire détenu par les séparatistes.
Dans ce contexte, les dirigeants européens devraient imposer des sanctions « sans précédent » à la Russie, qui sont en préparation depuis quelques semaines.
Elles consisteraient notamment à couper la Russie du marché financier international et à interdire l’exportation de produits de haute technologie.
Les dirigeants politiques russes et les oligarques qui soutiennent Vladimir Poutine sont également susceptibles d’être visés par de nouvelles sanctions.
En outre, il pourrait être envisagé d’appliquer des sanctions à la Biélorussie, à partir de laquelle des chars russes ont franchi la frontière ukrainienne.
Toutefois, selon plusieurs diplomates européens, il est peu probable à ce stade qu’un accord soit conclu sur l’exclusion de la Russie du système mondial de paiements interbancaires SWIFT, l’une des sanctions non militaires les plus sévères que l’Occident pourrait imposer à Moscou.
Davantage d’aide, d’action pour les réfugiés et une possible adhésion ?
Selon le Président lituanien Gitanas Nauseda, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE discuteront également de la possibilité d’offrir à l’Ukraine le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne, une mesure que Kiev réclamait depuis longtemps, bien qu’elle ne soit pas forcément approuvée par tous les dirigeants du bloc.
Un haut fonctionnaire de l’Élysée a également confié que les dirigeants des États membres discuteront de la manière de répartir la charge potentielle de réfugiés si des personnes devaient être déplacées à l’intérieur de l’Ukraine ou dans les pays voisins, comme la Pologne.
Le sommet de ce soir intervient après une série de réunions d’urgence qui ont eu lieu en début de semaine et ont abouti à l’adoption par l’UE de sanctions à l’encontre de la Russie pour avoir reconnu l’indépendance de régions séparatistes ukrainiennes pro-russes et mandaté des forces militaires pour y pénétrer.
Cette réunion doit être précédée d’une réunion en ligne des pays du G7 dont le but sera de trouver des mesures qui pourraient permettre de désamorcer les tensions entre la Russie et l’Ukraine.
L’OTAN déclenche l’article 4
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fermement condamné l’« attaque irréfléchie et injustifiée » de la Russie contre l’Ukraine et a déclaré que les alliés de l’OTAN se réuniraient pour faire face aux conséquences des « actions offensives » de Moscou.
Dans un communiqué publié tôt ce jeudi, M. Stoltenberg a déclaré : « Une fois de plus, malgré nos avertissements répétés et nos efforts inlassables pour recourir à la diplomatie, la Russie a choisi la voie de l’agression contre un pays souverain et indépendant ».
Il a exhorté la Russie à cesser immédiatement son intervention militaire et à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
« Les alliés de l’OTAN se réuniront pour faire face aux conséquences des actions offensives de la Russie. Nous sommes aux côtés du peuple ukrainien en ce moment difficile. L’OTAN fera tout ce qu’il faut pour protéger et défendre tous les alliés », a ajouté M. Stoltenberg.
Ces propos ont été tenus alors que les membres de l’OTAN ont décidé de mener des consultations en vertu de l’article 4 de l’OTAN jeudi matin à 8h30 (HEC) après l’attaque russe.
L’article 4 du traité de l’alliance prévoit des consultations sur des questions militaires lorsque « l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties est menacée ».