Un euro investi par l’UE peut générer jusqu’à 14 fois plus, estime M. Lewandowski

Dans une interview accordée à EURACTIV Bruxelles, le commissaire au Budget critique le changement de pied des États sur le budget de l’UE pour 2013. Selon lui, l’argent européen doit être vu comme un bouclier anticrise.

EURACTIV.fr
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Dans une interview accordée à EURACTIV Bruxelles, le commissaire au Budget critique le changement de pied des États sur le budget de l’UE pour 2013. Selon lui, l’argent européen doit être vu comme un bouclier anticrise.

Les discussions sur le budget de l’UE pour 2014-2020 vont occuper les Européens d’ici la fin de l’année 2013. Les États doivent d’abord se mettre d’accord sur le volume global, avant de préciser les dépenses attribuées à chaque politique : principalement agriculture et politique régionale, mais aussi énergie, recherche et innovation…

Alors que les pays de l’UE cherchent des leviers de croissance, le budget de l’Union a un rôle à jouer, ont affirmé les dirigeants européens lors du sommet du 29 juin. Sans surprise, le commissaire européen au Budget, le Polonais Janusz Lewandowski, enfonce le clou, dans une interview accordée à EURACTIV Bruxelles. 

Selon lui, le budget doit se concentrer sur les investissements dans les infrastructures, l’éducation, la science et la recherche. « C’est crucial pour résoudre la crise actuelle », estime-t-il. « Pour que le budget de l’UE soit pleinement un bouclier anticrise, il doit être suffisamment financé et orienté sur ces secteurs afin de promouvoir la croissance », ajoute le commissaire. 

Ambiguïté des États

Mais, entre la théorie et la pratique, il y a parfois une distance. En période de crise, la volonté des pays de l’UE de limiter leur participation au budget européen n’est pas nouvelle. Elle va en revanche à l’encontre de leur décision de favoriser la croissance en Europe, via la recherche et l’innovation.

Quinze jours après avoir affirmé que le budget de l’UE était l’une des solutions pour la croissance en Europe, les dirigeants européens ont refusé l’augmentation du budget pour 2013 demandé par la Commission. 5 milliards d’euros sont pourtant nécessaires pour financer les engagements pris par l’UE depuis 2007. 

Plus concrètement, si la décision est confirmée, la Commission devra retarder le paiement de certains projets. 

« Je dois dire que nous sommes perplexes, explique Janusz Lewandowski. Comment les États membres peuvent-ils appeler à des investissements pour la croissance et l’emploi un jour et demander de réduire les investissements dans les mêmes secteurs deux semaines plus tard? »

Les circonstances actuelles ne facilitent pas les négociations sur ce dossier, reconnaît le commissaire. Mais trouver un accord sur un montant global d’ici la fin de l’année 2012 est indispensable. Car les budgets détaillés de chaque politique pourront seulement être discutés après. Or, tout doit être bouclé avant la fin de l’année 2013. 

Pour le moment, la Commission européenne a proposé un budget de 1025 milliards d’euros réparti sur 2014-2020.

Or, les pays du Nord, adeptes de l’austérité, s’opposent à leurs partenaires européens qu’il s’agisse des États d’Europe de l’Est et du Sud comme des députés européens.

Pour prouver les effets positifs du budget de l’UE sur la croissance, le commissaire explique que chaque euro investi dans la politique de cohésion sur la période 2000-2006 a permis de générer 2,1 euros dans l’UE. Dans le domaine de la recherche et de l’innovation, le ratio est encore plus important. « Dans certains cas, un euro investi peut générer jusqu’à 14 euros. »

Selon lui, la fiabilité du budget de l’UE encourage tout d’abord les investisseurs privés à co-investir dans des projets. La perspective paneuropéenne permet par ailleurs des économies d’échelle et évite les doublons.

Lire l’interview dans son intégralité